De retour du Qatar, «le combat continue» pour Zahir Belounis

Antoine Maes

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Le footballeur français, Zahir Belounis, longtemps retenu au Qatar, dans les locaux de 20 Minutes, le 2 décembre 2013 à Paris.
Le footballeur français, Zahir Belounis, longtemps retenu au Qatar, dans les locaux de 20 Minutes, le 2 décembre 2013 à Paris. — A.GELEBART / 20Minutes

«Je vais me poser sur Paris, profiter de la famille et essayer d’oublier ce traumatisme.» Rentré du Qatar vendredi dernier, Zahir Belounis n’a pas vraiment le temps de souffler. Interdit de sortir du territoire pendant des mois, le footballeur fait aujourd’hui le tour des médias pour témoigner, et dénoncer le fameux Kafala, «un système d’un autre temps». 

Mardi, il sera présent au siège de l’UNFP aux côtés d’Abdeslam Ouaddou, un autre naufragé du Qatar, pour dénoncer la situation, parfois rocambolesque des footballeurs. «Ça se passe bien pour 90% des joueurs. Le mec qui se dit que c’est bien d’y aller, qu’il y aille. En espérant que ça se passe bien pour lui. D’autres pros, plus connus que moi, ne veulent pas parler pour l’instant, et j’espère qu’un jour ils le feront», prévient Zahir Belounis

«J’ai tout perdu. Je me retrouve à vivre chez ma mère» 

Sa cause à lui n’est d’ailleurs pas terminée: un recours devant la cour de Doha concernant le volet financier est toujours en cours. Et une plainte pour séquestration devrait être déposée à Paris. «J’ai tout perdu. Je me retrouve à vivre chez ma mère. Mais ce qui compte le plus, c’est la liberté. Et ma famille proche a beaucoup souffert. Là, ils ont touché à ce qu’il ne fallait pas», prévient-il. 

Quant à sa carrière de footballeur, elle est évidemment entre parenthèse, pour ne pas dire plus. «Ca me manque mais la bataille a été tellement dure que physiquement je ne suis pas au top. Symboliquement, des clubs de Premier League m’invitent à s’entraîner avec eux. Là-bas, on me présente comme un symbole, mais je ne me considère pas comme un héros. Je pense beaucoup à tous ces travailleurs qui sont dans la même situation que moi mais qui n’ont pas la chance de pouvoir parler: moi je parle parce que je suis footballeur.» Et un aujourd’hui, il est surtout porte-parole.