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XV de France/Philippe Saint-André: «On a une équipe qui ne triche pas»

XV de France/Philippe Saint-André: «On a une équipe qui ne triche pas»

RUGBY – Le sélectionneur des Bleus dresse un bilan mitigé de la tournée d’automne. Mais reste positif en vue du prochain Tournoi des Six Nations…
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

C’est sur un sentiment d’impuissance que Philippe Saint-André a refermé le livre de 2013. La défaite concédée au Stade de France samedi contre les Springboks (10-19) met fin à une année bien terne, qu’il ne faudra pas pour autant oublier. Car selon le sélectionneur, les motifs d’espoirs demeurent en vue du prochain tournoi des Six Nations.

Quel bilan dressez-vous de cette année 2013 marquée par de nombreuses défaites?

Oui on a eu défaites. Mais samedi soir, on a pu voir le Stade de France pousser derrière les Bleus et chanter la Marseillaise. On a une équipe qui ne triche pas, donne 150%, est généreuse. Sur les six derniers matchs, on a joué cinq fois la meilleure nation mondiale (La Nouvelle-Zélande) et la deuxième (L’Afrique du sud). L’écart entre ces nations et nous existe, mais on va arriver à le combler à force de travail. Il faut continuer à avoir la tête haute, à croire en nous. Le Six Nations 2014 est très important avec trois matchs à domicile. Il faudra valider les progrès des derniers matchs même s’il y a des défaites.

Quels progrès notez-vous?

Plus de certitude, un groupe plus étoffé. On a trouvé un autre ailier en Guitoune, derrière, Nicolas Mas, Rabah Slimani ont amené beaucoup d’assurance. La différence avec les meilleures nations c’est la simplicité et l’efficacité. On l’a vu, ils ont été parfaits et nous ont donné une leçon de réalisme. Les Sud-africains, on les connaît, ils préfèrent pratiquement défendre que d’avoir le ballon. Quand tu cours après le score, ils sont dans ce qu’ils aiment faire, te contrer. Ils nous rendaient 7 kilos par joueur. Nos joueurs ne vont pas les prendre à Noël à part s’ils mangent beaucoup de dinde et de marrons.

Entre la tournée de l’an passé, le Tournoi des Six Nations raté et cette tournée là, on a l’impression qu’il n’y a pas de fil conducteur en vue de la Coupe du monde…

Il y a un vrai fil conducteur dans le fait qu’on a choisi des hommes qui progressent. Ce groupe est de plus en plus étoffé. On a battu les Tongiens en changeant six joueurs sans que le collectif soit touché. Pour préparer la Coupe du monde on aura plus de temps. Des matchs amicaux. Ce sera une préparation de très, très haut niveau. On a une confiance énorme. Il y a un écart actuellement, mais avec deux mois et demi de vécu ensemble, on sera logé à la même enseigne. Les sud-africains, cela fait cinq mois qu’ils vivent ensemble. Pas nous.

Vous sentez-vous à l’abri d’un couac lors du prochain Tournoi?

Sincèrement, je pense qu’on va avoir un Six Nations de très haut niveau. C’est quelque chose d’important dans l’ADN du rugby français. On ne sait pas quand on va récupérer les joueurs. Cinq, six, quinze jours avant? Ou avec deux stages de trois jours par-ci par-là? On s’adaptera et on sera compétitifs pour ce Tournoi. On a 80% de l’équipe qui appartient à une nouvelle génération. Elle sera là pendant huit ou dix ans comme les Bonnaire, Nallet, Yachvili avant eux. Ce sont des compétiteurs. Ils ont une férocité et une envie folle de réussir. Quand ils auront pris de la bouteille.

Vous jurez que le travail va payer, mais comment s’assurer que ce message ne s’essouffle pas auprès des jeunes?

Ils le sentent et le voient. La Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud, ils sont injouables. Ils mettent trente points à tout le monde. Nous, on n’est pas loin. Il nous manque ce petit déclic. Et entre eux, les joueurs ont de plus en plus d’automatismes, l’impression de se retrouver dans un club, le club France. Maintenant, il faut valider ça par des victoires.

Vous appuyez vous toujours sur les cadres?

Oui, Pascal Papé. Il peut être titulaire dans l’équipe d’Afrique du sud demain. J’ai parlé avec lui. Il sait qu’à un moment donné, ça va tourner. Mais pour l’instant, on ne nous donne rien à ronger. Face aux Sud-africains, il nous faut le ballon pendant 2’30 pour avoir une pénalité… Ce n’est pas du rugby cassoulet.

Avec un tel bilan, un entraîneur de club serait menacé. Est-ce un confort de se dire que les résultats ne comptent pas tant que ça tant qu’il y a du progrès?

En club, oui, mais en équipe nationale aussi. Sur l’investissement, le travail, actuellement on est dans l’apprentissage du très haut niveau. Les critiques qui font avancer, je les accepte, il n’y a aucun problème. Sur les choix, on prend les meilleurs joueurs français valides. Et on joue que ce qui se fait de mieux au monde. C’est le meilleur apprentissage pour cette équipe. 2013 a été difficile, je languis 2014.