Football : Rudi Roussillon pas exempt de tout reproche

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Rudi Roussillon en première ligne. Face aux résultats cataclysmiques de son club, avant-dernier de L1, le président se montre fort discret. Samedi, après le revers concédé à Rennes (2-0), il n'a pas daigné s'adresser à la presse. Il est bien loin le temps où il claironnait « l'objectif d'une sixième place en fin de saison ». Au plus fort de la tempête – notamment lors du coup de gueule de Mickaël Landreau qui a conduit à l'éviction de Loïc Amisse en décembre 2004 –, son prédécesseur Jean-Luc Gripond savait affronter la pression médiatique. Roussillon, lui, s'exprime peu. Et préfère choisir ses interlocuteurs en intervenant sur RTL lundi soir et au travers de quelques lignes dans Presse Océan hier. Le président nantais n'est toutefois pas étranger à la crise que traverse le club.

Une ingérence dans le sportif Les clés de la maison jaune ont été confiées à Rudi Roussillon il y a quasiment un an et demi. Lors de son intronisation, il déclarait : « Ma mission implique d'oeuvrer au redressement du FCNA sans en bouleverser les équilibres existants. » C'est tout l'inverse qui se produit. Présent seulement deux voire trois jours par semaine à la Jonelière, Roussillon interfère dans les choix sportifs. « Pour la composition d'équipe, Georges Eo propose, Rudi Roussillon réfléchit et valide », indique-t-on dans l'entourage du club. Le retour dans les buts de la recrue serbe Vladimir Stojkovic, décevant depuis son arrivée, en est la parfaite illustration.

Un recrutement raté Il s'enorgueillissait d'avoir enrôlé des joueurs « de renommée internationale ». On voit le résultat. « C'est une erreur dans la stratégie de recrutement et non dans le casting ! », nous confiait-il récemment. Rudi Roussilon dédouane à demi-mots ses acolytes Japhet N'Doram et Jean-Luc Gripond, à l'origine du recrutement, et remet en cause les choix des techniciens, dont ceux de Serge Le Dizet.

D. Phelippeau

Vahid Halilhodzic, dont le nom revient souvent en cas de limogeage de Georges Eo, ne sait pas s'il serait prêt à relever le challenge nantais. Joint hier matin au téléphone, le Bosniaque, libre de tout contrat, a confié qu'il n'avait « pas envie de tomber dans un guet-apens » et qu'il ne voulait pas « être l'entraîneur qui fait tomber Nantes en L2 ». Par ailleurs, Halilhodzic nous a expliqué avoir « eu plusieurs contacts » avec les dirigeants nantais et les avoir prévenus « que la saison serait très difficile ».