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Taxe à 75%: Les clubs professionnels sont-ils aussi pauvres qu’ils le disent?

Taxe à 75%: Les clubs professionnels sont-ils aussi pauvres qu’ils le disent?

FOOTBALL – Les présidents de clubs crient leur peur de «mourir» si la taxe est réellement appliquée au monde du football…
R.S.

R.S.

«Quand on est au bord de la falaise, tout est possible.» C’est avec un certain sens de la formule que Jean-Pierre Louvel, le président du syndicat des clubs professionnels a présenté jeudi les éventuelles conséquences d’un blocage présidentiel concernant la taxe à 75%. Toute la question est de savoir dans quelle mesure les patrons de clubs dramatisent la situation. Jusqu’à la journée blanche du 30 novembre, ils ont prévu de multiplier les actions pour convaincre l’opinion du bien fondé de leur blocage. En clair, convaincre l’opinion publique que les clubs sont exsangues financièrement et que tout le monde ne vit pas dans ce milieu les poches remplies de billet.

Dans son rapport annuel, la DNCG, le gendarme financier du football français, a effectivement dressé un bilan alarmant puisque le déficit global s’élève à 108 millions d'euros. Et ce, malgré une croissance des revenus issus des transferts (+30% en deux saisons selon la DNCG.) Neuf clubs étaient déficitaires sur l’exercice 2011-2012 (le dernier dont les chiffres ont été publiés). Lyon affiche le pire résultat avec un déficit de 28 millions d'euros, tandis que Bordeaux a perdu 14 millions d’euros et Marseille 8. Le PSG a fait un peu mieux avec une perte d'un peu plus de 5 millions.

60% des charges des clubs concernent actuellement les salaires

D’une manière générale, les déficits sont supportés par les actionnaires des clubs, via d'importantes augmentations de capital, ce que la DNCG ne considère pas comme «une solution viable pour la grande partie des clubs». En réalité, les distorsions fiscales et sociales ne sont pas le seul problème des clubs français, indique Frédéric Bolotny, économiste au centre de Limoges. «Peut-être que les salaires avaient augmenté rapidement ces dernières années et il va falloir jouer sur cette variable-là.» 60% des charges des clubs concernent actuellement les salaires, selon l’économiste, même si les primes d’objectifs prennent une part de plus en plus importante par rapport aux salaires fixes.

Pour l’économiste, le modèle le plus difficile à tenir est celui des écuries européennes, pour lesquelles «l’aléa est maximal.» D’une année sur l’autre, certains clubs sont contraints de réduire la voilure, comme a dû le faire l’OL, après son élimination en tour préliminaire de la Ligue des champions. Sans mécène, les clubs peuvent difficilement éviter le tourbillon suivant: moins de moyens, moins de recrues, moins de performances et donc… moins de moyens. Un cercle qui pourrait être cassé dans un avenir proche grâce à l’Euro 2016, la livraison des nouveaux stades et des nouvelles sources de revenus qui vont avec.