Bruno Metsu, le Nordiste raconté par ses pairs

Propos recueillis par François Launay

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L'entraîneur Bruno Metsu lors d'un match entre son équipe du Qatar et le Koweit le 16 janvier 2011
L'entraîneur Bruno Metsu lors d'un match entre son équipe du Qatar et le Koweit le 16 janvier 2011 — KARIM JAAFAR / AFP

Né en 1954 à Coudekerque, joueur à Dunkerque,  Hazebrouck, VA et Lille, et coach de ces deux derniers clubs, Bruno Metsu fait partie de l’histoire du foot nordiste. Décédé lundi, il a marqué les esprits chez de nombreuses personnes qui racontent leur «Bruno» à travers des anecdotes.

Alex Dupont, entraîneur de Brest, son pote d’enfance:

«On s’est connu à l’âge de huit ans à l’école de foot de Dunkerque et on ne s’est jamais plus quitté. Si j’avais pu choisir un frère, j’aurais choisi Bruno. Quand on était gamins, on se faisait des un contre un tous les jeudis après-midi devant la poissonnerie de mes parents. Une fois, il avait tiré tellement fort qu’il avait cassé la vitrine d’une pâtisserie. Je me souviens aussi de son passage comme entraîneur à Sedan. À cette époque-là, j’étais coach de Charleville, le rival ardennais. On devait se cacher pour se voir car il ne fallait pas pactiser avec l’ennemi (rires). Je n’oublierai jamais nos parties de rigolade.»

Antoine Garcéran, son coéquipier à Valenciennes de 1975 à 1977:

«Bruno était mon compagnon de chambre à VA. On se racontait tout. Une fois, on était parti en stage au Touquet et j’avais amené mon chien avec moi car ma femme était partie en vacances. Le chien s’installait toujours sur le lit de Bruno, ça nous faisait rire car je lui disais que sa place était par terre et que le lit était pour le chien. Après cette époque, on s’est perdus de vue pendant vingt ans. Quand j’ai appris ses problèmes de santé en décembre dernier, je lui ai envoyé un texto et il m’a appelé dans la minute. C’était comme si on s’était quittés la veille. C’est comme un frère qui s’en va.»

Benoît Tihy, entraîné par Metsu au Losc (1992-93): 

«J’avais connu Bruno comme joueur à VA où il avait été un grand frère pour moi. Mais quand il est arrivé à Lille, il m’a dit qu’il voulait que je quitte le club. Pour lui prouver qu’il avait tort, je me suis donné à fond lors du stage de préparation au Touquet. Au point qu’il a finalement été obligé de me faire jouer. D’ailleurs, j’ai joué 35 des 38 matchs de la saison.»