«Le PSG doit préférer jouer devant une tribune vide plutôt que devant une tribune raciste»

Recueilli par Johan Hufnagel

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Pascal Cherki est adjoint au maire de Paris, chargé des sports

Après le drame de jeudi, comment vont évoluer vos rapports avec le PSG ?

Nos relations sont déjà excellentes . Nous travaillons avec la direction du club en toute confiance. La volonté du club, ni celle de la mairie, d’éliminer les supporters violents et racistes n’est pas mise en cause. Le PSG a réalisé les efforts qu’on lui avait demandé, mené des actions avec la Licra pour combattre le racisme et l’homophobie. Il reste le problème récurrent de cette minorité d’extrême droite raciste et violente, que les pouvoirs publics n’ont pas réussi à éradiquer. Même si je ne suis pas en désaccord avec les intentions du ministre de l’Intérieur sur ce point, je pense qu’il faut maintenant des mesures plus radicales.

Cela fait des années que des mesures sont prises et pourtant, la violence continue. C’est impossible à gérer?
Pourquoi ne sommes-nous pas capables de régler cette question-là? Ce que je sais, c'est que ce n'est pas hors de portée de la quatrième ou cinquième puissance mondiale. Ce qui s'est passé hier, une tentative de lynchage antisémite en bonne et due forme ne doit plus arriver : il faut prendre des mesures radicales, nettoyer la tribune Boulogne et dissoudre si besoin les associations de supporters de cette tribune. Il y a des gens qui n'ont plus rien à faire dans un stade de foot. Le club doit montrer sa volonté de nettoyage. Il existe déjà un arsenal législatif. Reste à reconquérir cet endroit !

Concrètement, que proposez-vous ?
Une action vigoureuse des forces de police combinée à la volonté du club. Si pour y arriver le PSG doit jouer devant une tribune de Boulogne vide, il faudra alors peut-être en passer par là. Il faut que le PSG admette qu'il est préférable de jouer devant une tribune de Boulogne vide que devant une tribune remplie de racistes. Après, il sera temps d'y substituer un public chaleureux et non violent.

Ne craignez-vous pas que ne plus avoir cette minorité sous contrôle dans le stade ne déplace le problème?
Au début, il faudra agir pour les empêcher de revenir et de rester autour du Parc. Et puis c’est un vieux débat. Avoir ces groupuscules sous les yeux de la police n’a pas empêché l’un d’entre eux, Maxime Brunerie, d’attenter à la vie du chef de l’Etat.