Ligue 1: Rennes-Nantes, le duel des voisins de palier

David Phelippeau à Nantes

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Le Rennais Théophile-Catherine face au Nantais Vincent Bessat lors d'un match amical en juin 2013.
Le Rennais Théophile-Catherine face au Nantais Vincent Bessat lors d'un match amical en juin 2013. — AFP PHOTO / DAMIEN MEYER

La plaisanterie est surannée mais elle amuse toujours autant les supporters nantais. «Qu’est ce qui est rouge et noir, qui monte et qui descend?» Les aficionados des Canaris répondent en choeur: le Stade Rennais. Dimanche, les deux formations s’affrontent après quatre ans d’attente. En jeu: la suprématie du football dans l’Ouest. Engouement, stade, pression, avenir… Plusieurs joueurs et entraîneurs, qui ont défendu les deux maillots,  se sont  risqués au jeu des comparaisons.

 

Engouement, avantage FC Nantes. «Il n’y a rien de comparable, estime d’emblée Landry Chauvin, ex-coach des Canaris (2011-2012) et ancien formateur et coach adjoint du Stade Rennais. Le stade de la Beaujoire est prêt à s’enflammer pour un rien.» La sentence suivante va vexer plus d’un Rouge et Noir: «A Rennes, il faut une demi-finale de Coupe de la Ligue pour que ça s’enflamme…»  Christophe Le Roux a bien connu les deux clubs, son diagnostic est sensiblement le même. «En terme d’impact et d’engouement, Rennes est encore dans l’ombre.» «De part son palmarès et son fameux jeu à la nantaise, Nantes est devant Rennes», embraie Serge Le Dizet (joueur dans les deux clubs), qui n’a pas oublié le jour où des supporters rennais l’ont traité de «sale Nantais».

 

Le stade, avantage Rennes. Landry Chauvin: «Le stade de la Route de Lorient, c’est un petit stade à l’anglaise. La Beaujoire me semble avoir pris un coup de vieux…» Le Roux corrobore: «Celui de Rennes est plus moderne, les supporters sont super proches du terrain. La Beaujoire a moins bien évolué.» «Il y a un qui est rond et un autre ovale », élude Sylvain Armand dans un éclat de rire. En terme d’ambiance, Le Dizet voit «deux publics très exigeants». «Si Rennes avait le potentiel public de Nantes, ça serait génial, continue Chauvin. J’imagine déjà les Rennais chantant l’hymne breton comme le fait le public de Lens!»

 

La pression, avantage FC Nantes. Pour ne pas se mouiller, Sylvain Armand, actuel défenseur central rennais, estime que c’est «à Paris où la pression est la plus forte». Le Roux, joueur de la fin des années 90 (FCN) et du début des années 2000 (Rennes), se souvient de  la pression médiatique et du public à Nantes. «On sortait du titre de 1995. Le public avait été tellement gâté qu’il était exigeant. A Rennes, il y avait plus d’indulgence en terme de résultats.» Il faut rappeler que le club d’Ile-et-Vilaine n’a plus rien gagné depuis 1971 (Coupe de France).

 

L’avenir, avantage Rennes. «Rennes a une longueur d’avance sur le plan structurel et sportif, analyse Chauvin. A Rennes, chacun reste à sa place. Le président préside, le directeur sportif s’occupe du recrutement, l’entraîneur entraîne. Il y a une vraie stabilité. L’arrivée de Montanier apporte de la cohérence. On laisse les gens bosser là-bas.» Sous-entendu, à Nantes, le président Kita, qui l’a viré il y a un an, a tendance à trop intervenir dans le sportif. «Même si le club fait du surplace depuis quelques années, Rennes a un temps d’avance, selon Le Roux. A Nantes, on a du mal à définir leur stratégie sportive.»