Eurobasket: Alexis Ajinça, le géant qui crève l’écran
BASKET – Le pivot de l’équipe de France est l’une des rares satisfactions du groupe de Vincent Collet…R.S. avec B.V.
Il n’était peut-être pas le premier choix de Vincent Collet, mais au moins Alexis Ajinça a le mérite d’être en Slovénie actuellement. Le pivot des Bleus, promis au bout du banc de touche, voire au carrelage, à l’annonce des titulaires potentiels (Noah, Mahinmi et Séraphin ont tous déclaré forfait) est l’une des rares satisfactions de l’équipe de France depuis le début de l’Euro. Et ce, trois ans après sa dernière campagne en Bleu. «Il est en train de crever l’écran tant au niveau du contre que de l’attaque. On voit très bien que l’équipe de France joue à deux niveaux: quand Ajinca est sur le terrain et quand il n’est pas là», analyse Alain Weisz, l’ancien sélectionneur des Bleus qui l’a lancé en Pro A avec Hyères-Toulon.
En quelques matchs et une cascade de duels gagnés, le joueur de Strasbourg a prouvé qu’il n’était pas un simple géant posté dans la raquette (2,17m tout de même). Avec 10,9 points de moyenne, le joueur de la SIG apporte une plus-value offensive à laquelle les Bleus n’étaient plus habitués à ce poste-là. «A sa place en attaque, Noah, il ne met pas 25 points», s’emballe Aymeric Jeanneau, agacé par les comparaisons entre son coéquipier à Strasbourg et les absents. Le jeune retraité de la SIG reste malgré tout «agréablement surpris» par la forme d’Ajinça, «face à de très grands joueurs, l’enchaînement des matchs, la pression».
Parti trop tôt en NBA
Les feuilles de stats du Français sont si remplies qu’elles ont attiré l’œil des franchises NBA (l’Oklahoma City Thunder et le Utah Jazz). Une fois de plus. Dans son contrat, il possède toujours une clause de sortie lui permettant de traverser l’Atlantique. «Pour moi, sa place est à Strasbourg car il a l’Euroligue, poursuit Jeanneau. Il a tout intérêt à faire une année pleine avec du temps de jeu.» Et ne pas faire la même erreur qu’il y a cinq ans quand il avait répondu les yeux fermés à l’appel des Charlotte Bobcats. A seulement 20 ans, le pivot s’était taillé une réputation de mercenaire, prêt à enterrer sa carrière pour les dollars.
Loin de cette image, le nettoyeur de raquette serait désormais un joueur impliqué et écouté. «A l’époque, je lui reprochais de ne pas travailler assez, et je pense que c’était vrai. Mais aujourd’hui, il a pris conscience que le travail paie, poursuit Weisz. J’ai rarement vu quelqu’un de cette taille aussi coordonné. Comme Pau Gasol… Ils sont, quoi, dix dans le monde, aussi doués.» Et à 25 ans, la bonne surprise de l’Euro n’a sûrement pas fini de progresser.


















