Equipe de France: Pour Jean-Pierre Papin, «Karim Benzema n'est plus un attaquant de pointe»

Romain Baheux

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L'ancien avant-centre des Bleus Jean-Pierre Papin est désormais consultant.
L'ancien avant-centre des Bleus Jean-Pierre Papin est désormais consultant. — POL EMILE/SIPA

Marquer, il savait faire. Ancien avant-centre de l’équipe de France (54 sélections, 30 buts) et désormais consultant pour beIN Sport, Jean-Pierre Papin livre son sentiment sur les carences offensives des Bleus, incapables de marquer sur ses quatre derniers matchs. Le dernier but de l’équipe de France remonte au mois de mars et la réception de la Géorgie, l’adversaire de Karim Benzema et ses équipiers vendredi soir en éliminatoires de la Coupe du monde.

Quelles sont les raisons des problèmes offensifs des Bleus?

C’est toujours difficile de déterminer pourquoi un jour on arrive à marquer et pourquoi on n’y arrive plus le lendemain. On a pourtant des joueurs très efficaces dans leurs clubs respectifs, ils ne jouent peut-être pas assez ensemble pour être aussi performants en équipe de France. Je pense surtout qu’il y a un manque de complicité. On a beau être les meilleurs joueurs d’un pays, c’est difficile d’évoluer ensemble quand on change régulièrement. Après, on aimerait bien que Karim Benzema marque un peu plus souvent et là aussi, on n’arrive pas trop à comprendre pourquoi.

Est-ce logique de voir le débat se focaliser sur lui?

Pas spécialement mais un buteur reste un buteur. Il est plus important parce que c’est quand même lui qui est censé les mettre au fond. Que ça réussisse ou que ça rate, ça rejaillit forcément sur l’avant-centre. Maintenant, je pars du principe qu’il faut surtout s’atteler à gagner des matchs pour se qualifier pour la Coupe du monde. La priorité est là. Qui va marquer et comment il va marquer, sincèrement je m’en fous.

Comment se sent un buteur dans la situation de Karim Benzema?

Obligatoirement, ça trotte dans la tête. On sait que tout un pays attend, on sait que c’est important et que ça fait x temps qu’on n’a pas mis de but. C’est donc difficile de ne pas y penser après une occasion ratée.

Sa situation est problématique pour les Bleus…

J’espère que ce n’est que passager. Aujourd’hui, je pense que ce n’est plus un attaquant de pointe. C’est plus un meneur de jeu ou un deuxième attaquant. L’associer avec quelqu’un d’autre peut être une solution. Au Real, on ne joue pas un vrai n° 9. Il y a des attaquants qui vont très vite, qui peuvent tous marquer des buts, on ne demande pas à Benzema de rester devant le but et d’attendre le ballon. Il faut bouger, il y a des mouvements à faire. Quand on voit jouer Karim qui revient très bas pour participer au jeu, c’est ce qu’il me fait dire que c’est davantage un meneur de jeu.

Peut-on attendre plus de certains joueurs?

Globalement, tout le monde attend plus de l’équipe de France en ce moment. On a beaucoup de solutions pour marquer entre Benzema, Giroud, Gignac, Valbuena, Payet… On ne manque pas de joueurs pour marquer. C’est plus compliqué pour eux chez les Bleus qu’en club car on attend beaucoup des uns et des autres.