Le Top 14 à la conquête du marché asiatique

N. S.

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Le deuxième ligne du Racing Métro François Van der Merwe lors du match contre Toulouse le 30 mars 2013.
Le deuxième ligne du Racing Métro François Van der Merwe lors du match contre Toulouse le 30 mars 2013. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Ce mercredi, le Stade Toulousain reçoit le Racing-Métro 92, lors du choc de la quatrième journée du Top 14. Le 9 novembre, pendant la trêve internationale, ces deux équipes phare du championnat français se retrouveront à Hong Kong, où elles auront auparavant passé la semaine en stage. «C’est la première fois que le rugby de clubs va s’exporter en Asie», s’enthousiasme le président toulousain René Bouscatel. A l’origine de cette initiative : deux Français passionnés de ballon ovale et installés dans l’ancienne colonie britannique, revenue dans le giron chinois en 1997. «Ils avaient l’idée depuis longtemps d’amener le rugby en Asie, et m’ont contacté voici quelques mois», explique Philippe Spanghero, directeur du Team One Groupe, selon lequel «le Top 14 est devenu le plus grand championnat du monde». Le duo d’expatriés ne s’est pas trompé d’interlocuteur.

«Séduire les sociétés chinoises»

Car le jeune homme, dont la famille a écrit quelques belles pages du rugby français, est une personnalité qui compte dans ce milieu. Il gère, entre autres, l’image des internationaux de Toulouse Thierry Dusautoir et Vincent Clerc, mais aussi de leur manager général Guy Novès ou encore du co-entraîneur du Racing-Métro 92, Laurent Travers. «Ce sont les deux seuls clubs que nous avons contactés, reprend Spanghero. Ils sont capables de fédérer des partenaires sur place ainsi que des spectateurs.» Au-delà de l’importante communauté d’expatriés ovalophiles (surtout britanniques), ce sont les sept millions d’habitants de Hong Kong qui sont visés et, plus encore, un marché asiatique en plein essor. La Coupe du monde 2019 aura d’ailleurs lieu au Japon. «C’est un moyen de connaître et de séduire les sociétés chinoises, pour qu’elles viennent communiquer sur le marché français», glisse Arnaud Tourtoulou, directeur général du Racing-Métro 92. Des partenaires des deux clubs feront le déplacement pour assister à un événement parrainé par la banque Natixis, principal sponsor du club francilien.

«Pas de soucis» au niveau du calendrier

A l’image des grandes écuries européennes de football, Stadistes et Racingmen veulent développer leur marque en Asie. Et le sport dans tout ça, alors que dirigeants et joueurs se plaignent régulièrement des cadences infernales imposés par le calendrier ? «Cela pose problème quand nous avons beaucoup de matchs à jouer sans nos internationaux, mais là, il n’y a pas de soucis», réplique Guy Novès. En effet, le championnat fait relâche pendant trois semaines, du 2 au 23 novembre, et un seul doublon est programmé lors de cette période, le 23 novembre, jour de France – Afrique du Sud. Les organisateurs de l’événement asiatique veulent remplir l’Aberdeen Stadium (environ 10 000 places), et ont déjà programmé un nouveau rendez-vous, toujours à Hong Kong, en 2014. Mais René Bouscatel voit plus loin : « J’espère que nous arriverons à une compétition mondiale des clubs. »