Ligue 1: Ce soir-là, Lucas en avait plein le Deaux

A Nantes, David Phelippeau
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Lucas Deaux face au PSG de Zlatan Ibrahimovic, le 25 août 2013
Lucas Deaux face au PSG de Zlatan Ibrahimovic, le 25 août 2013 — FABRICE ELSNER/20 MINUTES/SIPA

Août 2009, au sortir d’une deuxième défaite d’affilée en National avec Reims, Lucas Deaux sort de ses gonds. Devant trois ou quatre micros et une caméra d’une télé locale, le visage rougi par l’effort et l’énervement, le milieu de terrain, qui n’a que 20 ans, se lâche. «Il y a beaucoup de “blablateurs” dans l’équipe. On se chie dessus sur le terrain. Le seul truc que font certains, c’est de shooter dans des bouteilles en sortant du terrain.»

Il dévoile son salaire

Il fustige aussi les supporters. «Le public dit que je suis trop payé, 1.500  euros nets, c’est trop payé? interroge-t-il en fixant un journaliste. Honnêtement? Oui, j’ai loupé deux touches mais quand il faut aller au casse-pipe, j’y vais… Et puis, si les supporters ne sont pas contents, ils restent chez eux!»

Deaux: "Dans le foot, ça parle beaucoup par derrière"

 Plus de cinq minutes d’interview sans accalmie peut-être salutaires puisque quelques mois plus tard Reims retrouve la L2. Le Nantais n’a pas oublié cet entretien vérité. «On m’en parle souvent», avoue-t-il. Il nous rappelle le contexte: «La relégation quelques semaines avant était mon premier gros échec. J’avais donc décidé de tirer la sonnette d’alarme.» Quelques reproches de ses coéquipiers après cet entretien? «Vous savez dans le foot, personne ne dit rien devant mais ça parle beaucoup par-derrière.»

 Un franc-parler complètement assumé

Durant ces cinq minutes de conférence de presse, Deaux avait brisé le tabou de l’argent n’hésitant pas à donner son salaire. «C’était même 1.524 euros nets, rigole-t-il. J’en avais marre d’entendre n’importe quoi à ce sujet. Un pote d’enfance croisé en boîte m’avait dit: “Y parait que tu gagnes 30.000 euros!”.» Avec le recul, Deaux se trouve «un peu ridicule» mais soutient ne pas avoir agi de la sorte «pour se faire remarquer». «J’estime que quand il y a des choses à dire je dois les dire. Ça fait partie de ma personne. Je ne joue pas un rôle.» Souvent pour le plus grand plaisir des médias.

Pour voir le coup de gueule de Lucas Deaux, regardez cette vidéo: