Basket / Equipe de France: Pour Pierre Vincent, «l’avenir des Bleues est radieux»
BASKET •L’ancien sélectionneur national a décidé de quitter ses fonctions pour mieux se consacrer à son club…Propos recueillis par Stéphane Marteau
Quelques heures après que la Fédération française de basket-ball a annoncé que Pierre Vincent ne rempilerait pas à la tête de l’équipe de France féminine, le coach de l’Asvel nous a reçu mardi en fin d’après-midi dans son bureau de l’Astroballe pour expliquer les raisons de son départ et pour évoquer l’avenir des Braqueuses.
Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à ne pas poursuivre l’aventure avec l’équipe de France féminine?
J’ai enchaîné pas mal de saisons et même si j’ai passé des moments formidables avec l’équipe nationale, c’est quand même sacrément usant. J’avais besoin de repos. Je l’ai eu cette année et je l’aurai l’année prochaine. Mais le problème, c’est que le Mondial 2014 est programmé en même temps que la reprise du championnat. Pour l’équipe nationale, ce n’est pas un problème, mais c’en est un pour mon club. J’ai donc priviligié les intérêts de l’Asvel.
Quand avez-vous pris votre décision?
J’y songeais depuis un moment. Mais j’ai pris ma décision durant l’été, après l’Euro. J’ai regardé à tête reposé les contraintes et j’ai vu que c’était problématique pour l’Asvel.
Que retenez-vous de ces six années passées avec l’équipe de France?
Que du bon. J’ai coutume de dire que c’est un honneur de réprésenter l’équipe de France. Ce n’est pas un vain mot. Comme je l’ai dit aux filles lors de ma première prise de parole, l’équipe de France n’appartient à personne. Nous sommes là pour la servir, mais on ne se sert pas de l’équipe de France. Nous avons vécu de très bons moments avec beaucoup de réussite, et d’autres un peu plus dur. Nous avons tout connu. Ce que je retiens, c’est une superbe aventure et un privilège d’avoir dirigé l’équipe de France. Avec la fédé, j’ai connu des titres de champion d’Europe, des médailles. J’ai croisé les plus belles générations du basket français. Je suis donc un gros veinard.
Quelle a été la campagne la plus marquante?
Celles des JO a été une superbe aventure pour les filles. Mais quand on est coach, on ne vit pas les événements de la même façon. Pour moi, la dernière campagne et celle de 2009 ont vraisemblablemet été les deux plus belles, en terme de résultats et d’atmosphère. Cet été, ce fut du pilotage automatique. Nous avons passé deux mois de pur bonheur, sur le terrain et en dehors. En 2009 ce fut également une belle aventure parce que c’était nouveau. Le groupe avait surpris tout le monde. Il y avait une énergie, une envie de vivre des choses ensembles très fortes également. Le Mondial 2010 est aussi un bon souvenir parce qu’il a fallu reconstruire l’équipe juste avant le début de la compétition. On se fait éliminer en quart de finale par l’Espagne à l’issue d’un match que nous n’aurions pas dû perdre. Mais ensuite, nous n’avons obtenu que des médailles (bronze à l’Euro 2011, argent aux JO 2012 et argent à l’Euro 2013).
Comment voyez-vous l’avenir de l’équipe de France ?
Partout où je suis passé, j’ai essayé de réussir et de laisser les choses dans un état convenable. A Bourges, j’ai laissé l’équipe dans la meilleure configuration possible. J’espère que ce sera la même chose pour l’équipe de France. Mais je n’en doute pas. Nous avons une équipe avec de jeunes joueuses leaders qui sont en pleine possession de leurs moyens. Nous avons une jeune génération que nous avons déjà intégré qui va s’épanouir petit à petit. Et puis on voit que dans les compétitions internationales de jeunes, nous obtenons régulièrement des médailles. Je pense donc que l’avenir de l’équipe de France est radieux, au moins jusqu’à Rio.


















