Tour de France 2013: Christopher Froome «bouleversé» par son très probable sacre

Romain Baheux

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Le maillot jaune Christopher Froome à l'arrivée à Annecy-Semnoz le 20 juillet 2013.
Le maillot jaune Christopher Froome à l'arrivée à Annecy-Semnoz le 20 juillet 2013. — AFP PHOTO / JEFF PACHOUD

De notre envoyé spécial à Annecy-Semnoz (Haute-Savoie)

Un sourire éclaire son visage lors du passage de la ligne d’arrivée en haut du Semnoz. Depuis quelques minutes, Christopher Froome a la tête à sa future victoire dans ce Tour de France, la première de sa carrière. Plus d’une heure plus tard, le maillot jaune britannique se présente en conférence de presse pour livrer ses sentiments, la veille de son sacre officiel sur les Champs-Elysées, le premier d’un coureur né en Afrique.

Le début de ses ambitions. «La première fois que j’ai réalisé que je pouvais gagner un Grand Tour un jour, c’était en 2011 en Espagne. Jusque là, c’était difficile pour moi d’avoir des performances consistantes pendant toute une course, j’avais des bons puis des mauvais jours. Lors de ce Tour d’Espagne [qu’il a fini en deuxième position], j’ai commencé à croire en moi, que je pouvais avoir ma place dans cette catégorie de coureurs qui visent le classement général des Grands Tours

L’arrivée à Annecy-Semnoz. «Dans les deux derniers kilomètres, j’avais le sentiment d’avoir enfin gagné ce maillot jaune et que plus personne ne pouvait me l’enlever. C’était une sensation bouleversante, de me dire que ça serait plié dans cinq minutes. J’avais beaucoup de mal à penser à la tactique à adopter pour gérer la fin de la course. Après toute la tension nerveuse du Tour, savoir que j’y étais enfin m’a bouleversé.»

L'importance de cette victoire. «On passerait la soirée entière à décrire tout ce que j’ai dû faire pour en arriver là. Je pense à tout le chemin parcouru depuis que j’ai commencé à faire du VTT dans des petites courses au Kenya pour arriver à finir avec ce maillot jaune sur le Tour de France. La course a été un combat de tous les jours, il y avait quelque chose différent à chaque étape entre le vent, les attaques en montagne, la forme variable de l’équipe…. Il a fallu gérer toutes ces choses.»

L’exemple pour l’Afrique. «Je pense qu’il y a des choses à faire avec ce maillot jaune. On a déjà vu le premier Africain à porter le jaune avec Daryl Impey sur ce Tour et maintenant il y a ma victoire. Ma performance peut inspirer des jeunes à se lancer dans ce sport.»

Meilleur et pire moment de ce Tour. «Mon plus beau souvenir restera ma victoire au sommet du Mont Ventoux. Mon pire moment, c’est à l’Alpe d’Huez jeudi [le maillot jaune a été victime d’une fringale]. J’étais vidé, je n’avais plus aucune énergie. Quand j’ai vu un panneau qui indiquait encore cinq kilomètres, je me suis dit qu’il allait falloir piocher au fond de moi pour aller au bout. Heureusement, j’ai eu Richie Porte qui m’a aidé à finir l’ascension.»

Les suspicions de dopage. «Etant donné l’histoire de ce sport, je peux le comprendre. Quiconque porterait le maillot jaune aurait été critiqué par les médias et le public. Moi-même, j’ai été déçu par le sport. C’est un obstacle que j’ai surmonté avec mes équipiers, une épreuve supplémentaire. J’ai envie de pouvoir faire changer les choses et de montrer ce sport a changé.»

Remporter un autre Tour. «Pour le moment, je pense surtout à savourer cette victoire. Maintenant, j’ai 28 ans et la maturité des coureurs arrive vers trente ans. Je pense que le Tour de France doit être l’objectif principal de notre calendrier, c’est la plus belle victoire dans la carrière d’un coureur. Maintenant, la décision de m’aligner ou non l’an prochain dépendra du parcours et de l’équipe. J’adorerais revenir pour essayer de gagner de nouveau le Tour de France mais il faut attendre de connaître le parcours de 2014.»