Tour de France 2013: Comment le jury inflige les amendes au peloton
CYCLISME•Les coureurs sont régulièrement pénalisés...Romain Baheux
De notre envoyé spécial à Orange (Vaucluse),
Chaque soir après l’étape, son verdict est attendu. Chargé de désigner les mauvais élèves du peloton, le jury des commissaires du Tour de France se réunit pour infliger les sanctions aux coureurs attrapés pendant la journée. Les chefs d’accusation sont multiples: pipi intempestif devant des spectateurs, coureur accroché à la voiture de son directeur sportif, maillot non-conforme au règlement... Ici, le tribut se paie en francs suisses, en secondes de pénalités ou en points retirés dans le classement du maillot vert. Des pénalités qui peuvent aussi s’étendre aux équipes. Après l’épisode du bus coincé sur la ligne d’arrivée de la première étape, la formation australienne Orica GreenEdge a dû débourser deux mille francs suisses.
«On a expliqué aux directeurs sportifs ce que l’on attendait d’eux avant le départ en Corse, raconte le président du jury Vicente Tortajada Villaroya. Quand on voit quelque chose d’irrégulier, on prévient avant de commencer à sanctionner.» L’intransigeance du jury a pourtant été critiquée quand il a éliminé l’Américain Ted King, arrivé hors délais pour sept secondes à Nice, ou quand il a infligé une amende de deux mille francs suisses à Tony Martin, coupable d’avoir roulé avec un vélo portant le logo de champion du monde lors du contre-la-montre par équipes.
«Parfois, on arrive à faire changer d’avis le jury»
Alors, trop sévère le jury? «En nombre de suspensions, je trouve que l’on est dans la moyenne d’un Tour de France classique, raconte Vincent Lavenu, le manager d’AG2R La Mondiale. L’interprétation de la course joue énormément et ça dépend du regard du président du jury et des commissaires. Il faut distinguer la triche véritable de la petite aide pour juste remettre un coureur vers le peloton.» «Je suis pour l’application du règlement mais une sanction pour un vélo de contre-la-montre, c’est aberrant, explique son homologue de Sojasun Stéphane Heulot. C’est aussi un peu facile de mettre une amende quand un coureur prend trop de temps pour récupérer un bidon alors que le peloton ne roule pas.»
Le verdict du jury n’est pas toujours accueilli sans sourciller dans les équipes. Le soir, les directeurs sportifs n’hésitent pas à aller contester les amendes s’ils les jugent injustes. Et se lancent dans une intense négociation. «On veut au moins comprendre le pourquoi des sanctions, poursuit Lavenu. On vient discuter mais c’est rare que le jury change d’avis. Mais parfois, on arrive à faire annuler la sanction.» Et à réaliser une petite économie.


















