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Stuart O'Grady: «Mon meilleur souvenir sur le Tour de France, c'est en 2001»
CYCLISME – Le coureur australien est le co-recordman du nombre de participations…Romain Baheux
De notre envoyé spécial à Saint-Amand-Montrond (Cher),
A bientôt 40 ans, Stuart O’Grady dispute son dix-septième Tour de France, record de l’Américain George Hincapie égalé. Lundi, lors de la journée de repos, le coureur australien de l’équipe Orica GreenEdge a accepté de revenir sur ses expériences.
Quel souvenir gardez-vous de votre premier Tour de France, en 1997?
C’était quelque chose d’énorme. Quand je suis arrivé, Chris Boardman [un ancien coureur britannique] est venu me dire: «Tu vas voir, ça c’est une vraie course.» Il y avait tellement de monde sur le bord de la route, c’est le cirque pendant trois semaines. Physiquement, c’est très difficile. J’étais jeune, j’avais l’impression de disputer un championnat du monde à chaque étape.
Avec le recul, quel a été votre Tour le plus difficile?
En 2008, quand on est venus avec Carlos Sastre pour essayer de gagner le Tour [que l’Espagnol a remporté]. D’habitude, je n’étais pas dans des équipes pas aussi ambitieuses au général. Chaque jour, il fallait rouler devant. Même dans la montagne, on devait assumer notre rôle. Il n’y a pas eu une étape où on s’est dit que l’on pouvait laisser filer.
Le Tour, ce sont aussi des blessures pour vous…
J’ai fini plusieurs fois dans l’ambulance. En 2007, j’ai fait une grosse chute et j’ai dû abandonner [dans la descente du Cormet de Roselend dans les Alpes]. En 2000, je me suis cassé la clavicule. En 2006, je me suis fracturé une vertèbre dès le début du Tour. J’ai traîné ça pendant deux semaines et demie. C’était terrible, je ne voulais pas m’arrêter mais j’ai vécu un enfer.
Quel est votre meilleur souvenir?
Jusqu’à cette année, c’était sur le Tour en 2001. J’ai eu le maillot jaune, on a gagné le contre-la-montre par équipes avec le Crédit agricole. En tout, j’ai passé dix-neuf jours sur le podium protocolaire grâce également au maillot vert. Cette année, c’est aussi extraordinaire. Simon [Gerrans] a gagné une étape mais remporter ce contre-la-montre par équipes à Nice a été l’un de mes plus beaux moments sur le Tour de France.
Après toutes ces années, quels sont les coureurs qui vous ont le plus marqué?
J’ai eu l’occasion de sprinter contre Mario Cipollini. Sur le plat, il était presque impossible à battre. J’ai aussi affronté Erik Zabel, qui était capable de gagner partout. Un coureur comme Lance Armstrong faisait quand même des choses extraordinaires. Et puis un coureur comme Laurent Jalabert qui gagne le maillot vert puis le maillot à pois quelques années plus tard, c’était très fort.
J’ai eu l’occasion de sprinter contre Mario Cipollini. Sur le plat, il était presque impossible à battre. J’ai aussi affronté Erik Zabel, qui était capable de gagner partout. Un coureur comme Lance Armstrong faisait quand même des choses extraordinaires. Et puis un coureur comme Laurent Jalabert qui gagne le maillot vert puis le maillot à pois quelques années plus tard, c’était très fort.
Que vous inspire la révélation de son dopage quinze ans plus tard?
Que vous inspire la révélation de son dopage quinze ans plus tard?
Si tu veux ressusciter des affaires de dopage, tu peux remonter jusqu’aux années 20, 30, 40, ça ne changera rien à la situation actuelle. Il faut regarder devant. Je ne comprends pas pourquoi on veut toujours aller creuser dans le passé.
Le peloton a vraiment changé ses pratiques entre 1997 et 2013?
Maintenant, je crois que ce sport est très propre. Beaucoup de choses ont été mises en place pour lutter contre le dopage.
En 2006, votre leader Ivan Basso faisait partie des coureurs exclus la veille du départ du Tour pour ses liens avec le docteur Fuentes…
Dans l’équipe, on n’a pas trop compris à l’époque. Moi, je ne parlais pas italien [la langue d’Ivan Basso] et je ne lisais pas trop les journaux. C’était sérieux mais on a continué et on a fait notre travail.
L’objectif, c’est de participer à un dernier Tour l’année prochaine?
Déjà, je finis celui-là et après on verra. J’ai un planning pour prendre ma retraite la saison prochaine. On verra comment ça se passe avec l’équipe. Là, je suis le capitaine de route expérimenté, je conseille mes équipiers. Je suis un peu le professeur.
Déjà, je finis celui-là et après on verra. J’ai un planning pour prendre ma retraite la saison prochaine. On verra comment ça se passe avec l’équipe. Là, je suis le capitaine de route expérimenté, je conseille mes équipiers. Je suis un peu le professeur.
Etre le coureur qui a connu le plus de participations, ça vous fait quelque chose?
Pour le moment, je suis trop dedans. Je ne me dis pas que je dispute le dix-septième Tour de France de ma carrière quand je roule dans le peloton. Je ne fais pas ça pour la statistique. Quand j’aurai fini ma carrière et que j’aurai le temps d’y réfléchir un peu plus, ça me semblera important.
Pour le moment, je suis trop dedans. Je ne me dis pas que je dispute le dix-septième Tour de France de ma carrière quand je roule dans le peloton. Je ne fais pas ça pour la statistique. Quand j’aurai fini ma carrière et que j’aurai le temps d’y réfléchir un peu plus, ça me semblera important.
En fin de compte, qu’est-ce qui vient en premier comme sentiment lorsqu’on vous parle du Tour de France?
La douleur. Mais aussi le bonheur d’arriver à Paris, ça reste quand même quelque chose de très spécial. Tu arrives, tu as terminé et tu oublies le reste. Tout le reste.


















