Jusqu’où peut aller Marion Bartoli ?
TENNiS- Vainqueur de Wimbledon samedi face à l’Allemande Lisicki (6-1, 6-4), la Française aimerait désormais s’autoriser tous les rêves…François Launay
Entrée dans l’histoire du sport français samedi en remportant Wimbledon, Marion Bartoli a réalisé « un rêve de petite fille ». Désormais, rien ne sera plus jamais pareil pour la joueuse de 28 ans, nouveau membre du club des quatre Français à avoir remporté un Grand chelem dans l’ère Open (Avec Noah, Pierce et Mauresmo). Reste à savoir comment surfer sur l’après-Wimbledon. Simple coup d’éclat ou démarrage d’une seconde carrière, comment cette quinzaine londonienne peut-elle changer Marion Bartoli, numéro 7 mondiale ? Eléments de réponse avec Arnaud Di Pasquale, directeur technique nationale (DTN) du tennis français et Patrice Dominguez, DTN de 2005 à 2009.
Peut-elle gagner d’autres Grands Chelem?
Pour Arnaud Di Pasquale, le plus dur est fait désormais. «Ca peut forcément servir de déclic et lui ouvrir des portes. Le fait de l’avoir réalisé une fois montre que c’est possible. Si elle regagne Wimbledon tant mieux, mais elle est aussi capable d’aller en chercher un sur ciment. Par contre, ce sera plus compliqué sur terre battue», estime l’ancien joueur.
Même sentiment chez Patrice Dominguez : «Avec ce petit bout de femme aussi déterminée et volontaire, c’est difficile de faire un pronostic. Mais un Grand Chelem, ça transforme une joueuse. Elle peut aller plus loin», estime celui qui est aussi consultant sur RMC.
Peut-elle devenir numéro 1 mondiale?
Sur le sujet, les deux spécialistes semblent moins formels. «Aujourd’hui, je ne sais pas si ça doit être un objectif. C’est compliqué, car des filles comme Sharapova et surtout Serena Williams continuent de dominer le tennis féminin», constate l’actuel DTN.
Une mission délicate également, selon Dominguez. «Pour être numéro 1, il faut être régulière toute l’année, comme l’a été Wozniacki par exemple à une époque. Ou alors aligner un ou deux Grands Chelems, comme Williams. C’est compliqué. Même si je ne la vois pas faire comme Kvitova qui a remporté Wimbledon il y a deux ans et qui n’a pas confirmé depuis», fait remarquer l’ancien DTN.
Doit -elle continuer de s’entraîner sans son père?
Patrice Dominguez, qui a bien connu le couple père-fille, a constaté une évolution depuis leur prise de distance en début d’année. « Je pense que cette émancipation était nécessaire. Aujourd’hui, elle a ce sentiment de liberté, mais aussi de prise de responsabilités. Elle a montré qu’elle était capable de s’en sortir sans lui. Ca doit être une énorme satisfaction. On a l’impression qu’elle commence sa vie de femme.»
De son côté, Arnaud Di Pasquale estime que « Marion communique désormais sa joie de vivre. Je l’ai vue samedi trois heures avant la finale et elle était super détendue avec tout son staff. Je la connaissais moins comme ça avant. Et son arrivée en Fed Cup n’y est sans doute pas étrangère ».


















