Violences: Bienvenue dans le Val-de-Marne, le district où il ne fait plus bon jouer au foot

FOOTBALL Après un spectaculaire envahissement de terrain, deux arbitres ont été agressés samedi...

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Capture d'écran d'un match de foot amateur interrompu à Ivry par un envahissement de terrain, le 2 juin 2013.
Capture d'écran d'un match de foot amateur interrompu à Ivry par un envahissement de terrain, le 2 juin 2013. — Capture d'écran/20minutes

Dimanche 2 juin à Ivry: un match est arrêté après une bagarre générale à coups de battes de baseball, de pistolets de paintball et de gaz lacrymogènes. Mercredi 12 juin, à Villiers-sur-Marne: deux arbitres de futsal se barricadent dans leur vestiaire en attendant la police. Samedi 15 juin, au Plessis-Trévise: deux autres arbitres sont agressés physiquement par un joueur et des spectateurs. A lire le récit des derniers incidents, les terrains de foot du Val-de-Marne seraient à feu et à sang. 

Selon les chiffres de la FFF, un peu moins de 2% des matchs amateurs en France sont touchés par des violences verbales ou physiques. Et pourtant, Thierry Mercier, le président du district du 94 l’assure: «nous sommes légèrement en-dessous de la moyenne des incidents». Avec des chiffres à l’appui: «Depuis 5 ans, on a une décrue très sensible des sanctions lourdes. Il y a deux ans, c’était 45 dossiers en instructions. L’année dernière, entre 30 et 35. Cette année, on était à 20. Donc on se disait naïvement que nos actions sont positives», explique le dirigeant. 

«Quand vous voyez Leonardo qui bouscule un arbitre, il ne faut pas s’étonner» 

D’où la surprise de Régis Etienne, le secrétaire général de l’amicale des arbitres du Val-de-Marne, quand il a appris l’agression subie par Nicolas Sihl, l’officiel sorti de la pelouse du Plessis-Trévise avec le nez cassé. «C’est surprenant, parce que justement, c’est un district où ce n’est pas trop compliqué d’être arbitre. Mais quand vous voyez Leonardo qui bouscule un arbitre, il ne faut pas s’étonner, quand vous redescendez en district, que les joueurs se disent qu’on ne leur dira rien puisque là-haut on ne leur dit quasiment rien non plus». 

Mais si le directeur sportif du PSG était l’unique responsable, le problème serait vite réglé. Et c’est bien l’ironie de la situation: la violence dans le football amateur, et dans le Val-de-Marne en particulier, est combattue depuis de longues années déjà. «Ce n’est plus un hasard. Les jeunes qu’on récupère dans les clubs n’ont pas l’éducation qu’ils avaient il y a quelques années. Et les clubs sont obligés de gérer ce retard. Après, les éducateurs n’ont pas toujours le comportement adéquat pour bien s’occuper des enfants», reprend Thierry Mercier. 

Au bord de la main courante des finales de son district, il raconte son combat de l’ombre. Ses initiatives «qui ne font même pas un entrefilet quand les incidents font trois pages». Son appel à l’aide aux pouvoirs publics «pour qu’on puisse avoir des interdits de stade même en amateur». Il avoue que l’idée de démissionner lui a «traversé l’esprit.» Mais il n’est pas découragé. «Je viens d’assister à la finale des filles, il n’y a pas d’animosité, rien. Je retrouve le football que j’ai connu il y a 40 ans», sourit Thierry Mercier.  A l’époque, c’est sûr, il n’y avait pas de pistolet de paintball.