Rugby: Bernard Le Roux, le Sud-Af voit la vie en Bleu

Romain Baheux

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Bernard Le Roux lors d'une conférence de presse le 13 juin 2013.
Bernard Le Roux lors d'une conférence de presse le 13 juin 2013. — MICHAEL BRADLEY / AFP

Il est arrivé timidement au Racing Métro en 2009 pour trois petits mois comme simple joker médical d’Alvaro Galindo. A l’époque, Bernard Le Roux débarquait du haut de ses 20 ans avec le statut d’espoir sud-africain repéré par le manager de l’époque Pierre Berbizier. Quatre ans plus tard, le jeune homme (24 ans) évolue toujours au Racing Métro et s’apprête à défier la Nouvelle-Zélande avec le XV de France dans la peau d’un titulaire samedi. Avec Daniel Kotze et Antonie Claassen, il fait partie de ces ex-potentiels «Springboks» appelés par Philippe Saint-André pour la tournée d’été.

«On a discuté de sa sélection avec Bernie, il est très fier. Il s’est construit un attachement avec ce pays, raconte Gonzalo Quesada, son entraîneur au Racing Métro la saison dernière. A 23, 24 ans, tu n’as qu’une envie c’est de rentrer voir les potes et la famille au pays à un moment de ta carrière. Je suis passé par là en arrivant d’Argentine. Lui m’a très rapidement dit qu’il souhaitait continuer de jouer en France.» Au point de refuser des offres de franchises sud-africaines cet été et de poursuivre l'aventure hexagonale.

«De suite, il a fait l’effort de s’intégrer»

En région parisienne, Le Roux s’est très vite fondu dans le décor. «De suite, il a fait l’effort de s’intégrer, raconte Pierre Berbizier. Il est très curieux. Dès qu’il avait un moment de libre, il partait visiter Paris pour renforcer sa culture personnelle.» «Il s’est très bien adapté. C’est un jeune homme mature, assez posé, renchérit le technicien argentin. Avec sa copine, ils aiment bien sortir pour profiter des restaurants et de la vie parisienne.»

Cette année, le Sud-Africain a très régulièrement séché la sieste pour rester au centre d’entraînement du Plessis-Robinson perfectionner sa maîtrise de la langue de Molière. «Il aidait certains joueurs anglophones de l’équipe à s’acclimater en leur parlant en français», raconte Quesada.

Aligné mardi lors du match amical contre les Auckland Blues, Le Roux a pu s’entraîner à interpréter La Marseillaise en public avant sa première sélection officielle contre les All Blacks. «Je l’ai répétée environ 600 ou 700 fois sur YouTube», s’amuse le troisième ligne. Entre deux vocalises devant son ordinateur, il en a profité pour adresser un mail au staff du Racing. Un message pour les remercier de l’avoir poussé jusqu’à ce niveau-là. En anglais pour le coup.