Roland-Garros 2013: Serena Williams est-elle trop forte ou les autres sont-elles trop mauvaises?

A Roland-Garros, Antoine Maes

— 

L'Américaine Serena Williams lors de sa demi-finale de Roland-Garros, le 6 juin 2013.
L'Américaine Serena Williams lors de sa demi-finale de Roland-Garros, le 6 juin 2013. — no credit

«Il est beaucoup plus difficile pour moi de parler français après le match que de la gagner.» Le pire dans cette phrase de Serena Williams prononcée après sa victoire en huitième de finale, c’est qu’elle a sans doute raison. En ce moment, l’Américaine est intouchable, partout, tout le temps. Elle a gagné 73 de ses 76 derniers matchs. Elle reste sur 30 victoires consécutives. Elle a écrabouillée Sara Errani, pourtant finaliste l’an passé, pour se frayer un chemin jusque la finale de dimanche.

Les progrès de Serena Williams dans la langue de Molière sont plus notables que ceux sur le court. Parce que ce niveau de jeu, elle l’a depuis longtemps en elle. Mais à 32 ans, elle traverse la période la plus faste de sa carrière, sous la houlette de son entraîneur, Patrick Mouratoglou. Même Maria Sharapova, son adversaire en finale, pourtant la mieux taillée pour lui faire de l'ombre, a eu toutes les peines du monde à rester dans le match. D’ailleurs elle ne bat plus sa rivale américaine depuis 2004… «Si je pensais aux statistiques avant d’entrer sur le court, ce ne serait pas une très bonne idée», rigolait la Russe avant la finale., perude en deux manches (6-4, 6-4).

«Le tennis féminin n’a jamais été aussi fort» 

Pour Sam Sumyk, le coach français de Victoria Azarenka, demi-finaliste cette année, le niveau globale du circuit féminin s’est pourtant élevé. «Le tennis féminin n’a jamais été aussi fort qu’à l’heure actuelle, donc ce serait dommage de ne pas le regarder. Il y a des beaux matchs tout le temps, il y a de belles rivalités qui se créent. Il y a de très bonnes joueuses partout», assure-t-il. 

Le problème, c’est qu’on parle là du niveau moyen. Chez les hommes, ils sont quatre extra-terrestres à truster les trophées (Nadal, Djokovic, Federer, Murray). Imaginez que l’un d’eux se retrouve seul, et vous aurez une idée de ce à quoi ressemble la domination de Serena Williams sur son sport. A Roland-Garros, elle n’a été en danger qu’une seule fois, en quart de finale contre Kuznetsova, où elle a lâché un set. Logique, pour son entraîneur: «depuis un moment, elle gagne tous ses matchs très facilement. Quelque part, elle n’a plus l’habitude d’avoir des moments accrochés dans un match». Sûrement la remarque la plus révélatrice du règne absolu de Serena Williams.