Coupe de France: Pour Hervé Bugnet, Evian «donne de la crédibilité aux trentenaires»

Marc Nouaux

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Hervé Bugnet, joueur de Evian-Thonon-Gaillard, le 28 juillet 2011.
Hervé Bugnet, joueur de Evian-Thonon-Gaillard, le 28 juillet 2011. — J-P. CLATOT / AFP

Hervé Bugnet a disparu du monde pro. Pourtant, il est toujours sous contrat à Evian jusqu’en juin mais il n’a pas disputé la moindre minute avec l’équipe première depuis que le club haut-savoyard a rejoint la Ligue 1 en 2011. Blessé au genou en janvier, l’attaquant de 31 ans se soigne à… Bordeaux. Resté proche des «grognards» d’Evian (Sorlin, Barbosa, Laquait…), il parle de ses copains avant la finale de vendredi soir.

Après de bonnes saisons en Ligue 2, on vous avait presque oublié…

Je n’ai pas eu la chance de jouer à Evian. Ne me demandez pas pourquoi, je serai incapable de vous répondre. Je l’ai amer. Dupraz m’a fait venir en août 2008 à Croix-de-Savoie [l’ancien nom du club] et aujourd’hui, il ne me calcule pas. C’est un gros manque de respect de sa part. Je n’ai pas peur de l’attaquer. Il n’y a que la vérité qui blesse. Donc si ce monsieur est blessé, c’est qu’il a fait quelque chose de mal.

Vendredi, au Stade de France, le cœur penchera de quel côté ?

 Si on parle du cœur, il est marine et blanc depuis que je suis né. Mais j’appartiens à un club et j’aimerais qu’il remporte la Coupe de France cette année. Bordeaux a déjà gagné des titres alors qu’Evian a besoin de remplir son armoire à trophées.

Avec  Barbosa (37 ans), Sorlin (34 ans), Laquait (36 ans) ou encore Ehret (33 ans), Evian est la seule équipe de Ligue 1 à avoir autant de «vieux» dans son effectif…

Dans un groupe, il faut toujours des joueurs avec de la bouteille. A eux quatre ils doivent en avoir pas mal de matchs de Ligue 1 au compteur… Ils ont beaucoup de vécu mais ce qui est important, c’est qu’ils prennent encore beaucoup de plaisir tous les week-ends. Et ils ne sont pas près de s’arrêter, ils veulent continuer. Si je pouvais arriver à leur niveau à leur âge, je serais heureux.

Ce sont eux les tauliers du vestiaire de l’ETG ?

Oui, il y a trois-quatre leaders dans le groupe. Olivier Sorlin organise les réunions de groupe. Il prend souvent la parole. Cédric Barbosa aussi. Ce sont les deux gros leaders de l’équipe. C’est important d’avoir des mecs comme eux, avec ce tempérament. Sur le terrain, ils sont irréprochables.

Et en dehors, ils forment le «clan des vieux» ?

Oui, comme dimanche après le match à Bordeaux, je suis allé les rejoindre. Il y a aussi Cédric Cambon qui est un peu plus jeune (26 ans) mais qui est tout le temps dans ce groupe. Quand j’étais apte à jouer, on était tout le temps ensemble dans les vestiaires. On s’entend bien, on a les mêmes centres d’intérêt. C’est partout pareil, il y a aussi les «blacks» d’un côté, les Maghrébins d’un autre, et l’an dernier à Evian, on avait même un clan de Danois qui restaient ensemble.

Evian est-il une bonne publicité pour les trentenaires qui ne sont pas forcément beaucoup appréciés en France?

Oui, ça donne de la crédibilité par rapport à l’extérieur. A 30 ans, on n’est pas vieux. A l’entraînement, quand on fait du fractionné, des 15/15 ou des 30/30, Olivier Sorlin et Cédric Barbosa sont toujours dans les premiers. Sur les plus longues distances, ils tiennent vraiment la route. Ils ont une très bonne hygiène de vie pour être à ce niveau à leur âge. Après, c’est surtout une question de gestion de soi-même. Par exemple, quand les entraînements sont doublés, le matin et l’après-midi pendant deux jours, les anciens ne doublent qu’une fois. Il faut économiser et gérer leur fatigue.