Roland-Garros 2013: «Fusée, blindé, incontrôlable», Gaël Monfils, le joueur qui n’est jamais fatigué
TENNIS – Le Français s’est débarrassé d’Ernests Gulbis en quatre sets et s’est qualifié pour le 3e tour de Roland-Garros…A Roland-Garros, Antoine Maes (avec R.B.)
«Quand est-ce qu’il sera fatigué? En demi-finale!» Entre deux éclats de rire, Rufin Monfils, papa de qui vous savez, n’en revient toujours pas. Son fils est arrivé Porte d’Auteuil sur les rotules, en ayant enchaîné les tournois de Bordeaux et Nice et sans avoir réellement peaufiné sa caisse physique. «Il est en mode FBI: fusée, blindé, incontrôlable», ajoute Rufin Monfils. Ce qui lui a permis de se débarrasser de Berdych (en cinq sets) et Gulbis (quatre sets) sans montrer le moindre signe d’épuisement.
A la base, évidemment, il y a les qualités naturelles de Gaël Monfils. «C’est un avion à réaction, une Formule 1. A l’Insep, avec Jo [Tsonga], ils faisaient des trucs de fous. Il a le potentiel, et dès qu’on remet un peu d’huile et un peu d’essence, ça remarche toujours bien», assure Olivier Delaitre, ancien joueur et entraîneur. Ne pas croire pourtant qu’il n’a rien fait pendant les huit derniers mois, alors qu’il était en perdition, dans son jeu et dans ses jambes. «Quand on arrive vers 25 ou 26 ans, on ne peut plus progresser. Mais on peut entretenir ce qu’on a fait avant», ajoute Lionel Roux, un proche du clan, qui l’a côtoyé en Coupe Davis.
«Il arrive à gérer son capital santé sur des matchs comme ça»
Il en faut beaucoup pour mettre les batteries de «La Monf» à plat. Mais quand elles sont un peu entamées, comme en ce moment, il évite désormais de crier à tout bout de chant en se frappant la poitrine. «Il y avait une facette de Gaël que j’avais du mal à voir, c’est sa capacité à rester calme comme ça, reprend Roux. C’est un Gaël un peu sage maintenant. Il arrive à gérer son capital santé sur des matchs comme ça.»
Fatigué, il l’est quand même un peu, forcément, mais «j’essaie de ne pas le montrer», assure Monfils, qui avoue que «le matin, la machine a plus de mal à se mettre en route». Mardi, pour ne pas pousser cette machine dans le rouge, il a joué (et perdu) son double avec son pote Josselin Ouanna «en marchant», constate Delaitre. Pour jeudi, il est sans doute le seul Français à rêver d’un programme pluvieux, histoire de profiter de 48h sans effort violent.


















