Football: Fronde des arbitres nordistes après plusieurs agressions

ARBITRAGE Victimes d’agressions de plus en plus violentes, les arbitres nordistes sont soutenues par la Ligue régionale qui a décidé de durcir les sanctions contre les agresseurs…

A Lille, François Launay

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Illustration sur les arbitres de football ici lors d'un match à Valenciennes dans le Nord.
Illustration sur les arbitres de football ici lors d'un match à Valenciennes dans le Nord. — M.LIBERT/20 MINUTES

 Lundi de Pâques à Anzin-Saint-Aubin. Le club local affronte Vendin-Le-Vieil en match en retard de promotion Première Division. À la suite d’une faute non sifflée, le capitaine de Vendin se précipite sur l’arbitre et le roue de coups. Bilan: un séjour à l’hôpital et 15 jours d’ITT pour le directeur de jeu. L’agression de trop pour les arbitres régionaux victimes de plusieurs débordements ces derniers mois chez les amateurs

«Un arbitre est mort en Hollande. On ne veut pas que ça arrive chez nous»

«Ca devient de plus en plus violent. Et il n’y a pas que des agressions physiques. Il y a aussi des insultes et une véritable pression psychologique. Il y a quelques mois, un arbitre est mort en Hollande. On ne veut pas que ça arrive chez nous», s’alarme Alexis Debuisson, représentant des arbitres à la Ligue du Nord Pas-de-Calais. Un véritable fléau qui entraîne aussi une baisse des vocations. Depuis trois ans, le nombre d’arbitres est ainsi passé de 2000 à 1600.

Duchaussoy va doubler les sanctions

Pour stopper l’hémorragie, la ligue régionale s’est réunie conseil exceptionnel vendredi dernier. Avec une idée en tête: durcir les sanctions. «Toute personne coupable d’agression et d’insultes sur un arbitre verra sa sanction, établie en commission de discipline, immédiatement doublée par la Ligue», explique Fernand Duchaussoy, président de la Ligue qui sort un argument de poids. «Selon la loi Lamour, un arbitre est considéré comme un agent de service public au même titre qu’un policier. Frapper un arbitre peut donc conduire en taule», menace l’ex-président de la FFF. Un message que les arbitres espèrent faire passer au sein des clubs. «On sait que tout ça est le fait d’une minorité. Et ces gens-là, c’est dehors. Si on veut réussir, on a besoin des clubs», conclut Debuisson qui espère être suivi dans son combat.