Margot Laffite: «Le système de TF1 s'essoufflait un peu»

Propos recueillis par Romain Baheux

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 Margot Laffite, consultant F1 pour Canal+
 Margot Laffite, consultant F1 pour Canal+ — Philippe Mazzoni / CANAL+

A grands coups de spots publicitaires, Canal + a promis que ça changerait. Nouvelle détentrice des droits de diffusion de la Formule1, la chaîne cryptée annonce une couverture différente de celle pratiquée par TF1. Arrivée dans la foulée de l’acquisition des droits, la pilote et journaliste Margot Laffite détaille ce que sera la Formule1 sauce Canal+.

Comment sera traitée la Formule1 sur Canal+?

L’ensemble du dispositif est nouveau, de par les intervenants et les consultants, et il y a un vrai dynamisme de la part de Canal+. Sans vouloir cracher sur ce que faisait TF1, le système s’essoufflait un peu, il y avait un peu moins d’envie… L’audience chutait et ça n’encourageait pas tout le monde à se motiver. Avec Canal, un vent nouveau va souffler. Il y a une réelle expertise dans le traitement du sport. Ils sont sûrs de leur coup.

Qu’est-ce qu’il faudra changer?

Il faut parler plus des Français et pas juste aller les interviewer. On veut faire des sujets fouillés sur les quatre Français. Il faut que les téléspectateurs puissent incarner ce sport par des visages. Avoir quatre Français, ça donne encore plus d’os à ronger. Il faut plus de fond, avec des magazines sur la Formule1. On va aussi faire un magazine en clair qui sera accessible au grand public. C’est un peu dommage que tous les fans n’aient plus accès gratuitement à la Formule1 mais il y aura de quoi faire avec tout ce qu’on va proposer dans l’émission en clair et sur Internet.

Les audiences s’essoufflaient sur TF1. Qu’est-ce qui vous fait pensez que vous pouvez inverser la tendance sur Canal+?

Il faut que l’on raconte des histoires, qu’on ne reste pas dans la superficialité du sujet. Il faut redonner aux gens l’envie de s’y intéresser. Maintenant, on s’intéresse plus à un divertissement à la télé qu’au sport automobile. Le rallye reste encore populaire avec Sébastien Loeb mais il faut redonner un sentiment patriotique à la Formule1.

Quel public visez-vous? Les fans de Formule 1 ou le grand public?

Il faut rendre la Formule 1 accessible mais pas trop non plus. C’est un sport très technique et très pointu, il faut satisfaire les férus. C’est un dilemme; initier le grand public tout en satisfaisant un public plus large. On va devoir faire un savant mélange, c’est obligatoire. On va devoir élargir la thématique. On veut insister sur l’humain, c’est ça qui donne envie de suivre ce sport.

Est-ce difficile pour une femme de s’imposer dans le monde du sport automobile?

Oui, il faut faire ses preuves et montrer qu’on n’est pas la truffe qui a la voiture-balai de la course. Pour moi, ça a été assez cool car j’ai commencé dans des disciplines assez familiales comme le Trophée Andros. Ensuite, j’ai dû durcir mon comportement car j’étais une proie facile et les mecs en profitaient. Je m’en suis très bien accommodé et je n’ai jamais senti d’hostilité particulière.