PSG: Peut-on rêver au retour de l’ambiance au Parc des Princes?

Antoine Maes

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Les supporters parisiens déploient une banderole dans les tribunes du Parc des Princes à Paris, le 26 octobre 2002, avant un match contre l'OM.
Les supporters parisiens déploient une banderole dans les tribunes du Parc des Princes à Paris, le 26 octobre 2002, avant un match contre l'OM. — AFP PHOTO JACK GUEZ

Cette saison, le PSG a sans contestation la meilleure équipe du club depuis une vingtaine d’années. Paradoxalement, l’ambiance du Parc des Princes n’a jamais été aussi fraiche, comme contre Nancy samedi dernier, malgré la victoire des coéquipiers de Zlatan Ibrahimovic. Moins de chants, plus de sifflets, et une animation des tribunes quasi-inexistante. Evidemment, c’est la conséquence du Plan Leproux et sa fameuse Charte 12, qui exclut de l’enceinte parisienne les supporters jugés dangereux et encadre fermement la création des nouveaux groupes.

«Certains anciens qui exercent des pressions sur ceux qui cherchent à recréer de l'ambiance» 

Aujourd’hui, dans les tribunes du Parc des Princes, «il y a des gens qui ont envie de chanter», assure Jérôme Benadiner, producteur du documentaire «Parc», une plongée dans le mouvement ultra du club parisien. «Mais si ce n’est pas structuré et qu’il n’y a pas de leaders pour mener des chants, ça ne repartira pas», poursuit-il. Mais l’émergence de nouveaux leaders dans les travées n'est pas vu d'un bon oeil par la direction: «Elle n'est pas non plus appréciée par certains anciens qui exercent des pressions sur ceux qui cherchent à recréer de l'ambiance», remarque Nicolas Hourcade, sociologue spécialiste du mouvement ultra. 

En attendant, le club reste fidèle à sa ligne de conduite. «La politique du PSG, c’est d’avoir des supporters individuels pour éviter tout les phénomènes qu’ils ont connu avant, de groupe, d’opposition entre les groupes, mais aussi d’opposition potentielle au club», résume Nicolas Hourcade. Un club qui se retrouve un peu coincé entre son désir d’un stade brulant et la hantise d’un passé pas si lointain. 

«La solution, c’est qu’ils jouent la carte show à l’américaine à fond et qu’ils assument ce coté là» 

Ce qu’il a gagné en sécurité dans et autour du stade, le club parisien l’a donc perdu en décibels dans les tribunes. Et cherche encore la bonne formule. «Le PSG a le cul entre deux chaises, ce qui entretient un rapport schizophrénique pour ceux qui ont connu le Parc comme il était avant, insiste Jérôme Benadiner. La solution, pour mettre fin aux débats sur l'ambiance du Parc et sur un utopiste retour des ultras serait pour le club d'assumer ces actes et ses positions en jouant la carte du show à l’américaine à fond». Comme avant la rencontre contre l’OM, fin février, où Ariel Wizman est venu mixer? 

Pas forcément, car si le Parc des Princes n’a rien à voir avec ce qu’il était il y a 10 ans, il n’est non plus totalement silencieux. «Aujourd’hui, c’est l’ambiance des années 70 avec une partie du registre ultras, avec quelques chants. Mais le Parc a une résonance extrêmement forte, sourit Nicolas Hourcade. Dans un stade ouvert, ce serait infernal. Là il suffit que 150 personnes s’y mettent, ça met quand même de l’ambiance». A une époque, ils étaient 100 fois plus.