Rugby/David Skrela: «J'ai grandi en tant qu'homme au Stade Français»
RUGBY•L'ouvreur auvergnat affronte son ancien club au Stade de France samedi...Propos recueillis par Romain Baheux
Il y a pire comme fête d’anniversaire. Samedi, le demi d’ouverture de Clermont David Skrela soufflera ses trente-quatre bougies sur la pelouse du Stade de France où il affrontera son ancien club, le Stade Français. Annoncé partant vers son club formateur de Colomiers (Pro D2) la saison prochaine, l’ouvreur raconte ses années franciliennes et ses ambitions avec le club auvergnat.
Que représente le Stade de France pour vous?
C’est un stade où j’ai vécu pas mal d’émotions dans ma carrière. J’y ai connu mon premier titre de champion avec le Stade Français, mon premier titre de champion d’Europe avec Toulouse en 2010, des matchs avec l’équipe de France… Le Stade de France aura marqué ma carrière.
Quel souvenir gardez-vous de votre passage au Stade Français?
C’est le club qui m’a fait franchir un palier dans ma carrière. J’ai quitté Colomiers en 2003 pour rejoindre le Stade français. J’y ai vraiment connu le professionnalisme. J’ai grandi en tant qu’homme car ce choix m’a fait quitter ma famille et mes amis pour rejoindre une ville que je ne connaissais pas. J’ai évolué beaucoup et j’ai rencontré des gens qui ont compté dans ma carrière.
Comment expliquez-vous leurs difficultés sportives?
Depuis trois-quatre ans, c’est vrai que c’est plus compliqué pour eux. Quand j’y étais, on jouait chaque année la Coupe d’Europe. Quand je suis parti en 2008, cela faisait déjà un ou deux ans que les joueurs qui partaient n’étaient pas remplacés par des joueurs de même niveau. Il y a eu un problème de renouvellement de l’équipe. Maintenant, la nouvelle génération issue du centre de formation du Stade Français joue et prend le pouvoir. D’ici quelques années, ça devrait revenir.
Clermont est deuxième du Top 14 et est en quart de finale de la H-Cup. Pensez-vous être taillé pour le doublé?
L’an dernier, on était aussi taillé pour le doublé et on a rien gagné. On est bien partis en H-Cup, on fait une saison assez satisfaisante mais le plus dur commence maintenant. Les matchs éliminatoires vont arriver vite, la fin de saison va être hyper importante. Gagner un titre, ça sera déjà très bien. Si on fait l’exploit d’en gagner deux, ça sera énorme. Un seul, ça validerait déjà tout le travail accompli.
Comment vivez-vous la concurrence avec Brock James, qui est titulaire au poste d’ouvreur à Clermont?
Brock fait des bons matchs, il est meilleur que moi. Quand on est moins bon, on joue moins, ça fait partie de notre sport. Je fais le maximum pour être le meilleur possible quand je joue, j’ai toujours envie de jouer et de jouer des matchs importants. Je le vis plutôt bien. Quand tu joues à Clermont, tu sais que tu ne vas pas jouer tous les matchs.
De l’extérieur, comment vivez-vous le débat sur le manque de relève au poste de demi d’ouverture pour le XV de France?
Quand vous regardez tous les numéros 10 dans le Top 14, il y a beaucoup d’étrangers. Il y a McAlister à Toulouse, Brock James à Clermont, Jonny Wilkinson à Toulon, l’an prochain il y aura Sexton au Racing… Il y a quand même quelques jeunes qui font des bons matchs comme Camille Lopez avec Bordeaux-Bègles. Il y a du réservoir, mais ce n’est pas à moi de dire s’il faut les lancer dès maintenant en équipe de France.



















