Meeting du Val d'Oise: Quand l'athlé ne se conjugue qu'au féminin

ATHLETISME La réunion d'Eaubonne présente un plateau 100% femmes...

Romain Scotto

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La sprinteuse française Myriam Soumaré, lors des championnats de France le 16 juin 2012 à Angers.
La sprinteuse française Myriam Soumaré, lors des championnats de France le 16 juin 2012 à Angers. — F.Perry/AFP

C’est déjà une habitude dans le tennis, le golf ou le ski, adeptes des circuits hommes-femmes différenciés. Mais jusque-là, jamais l’athlétisme n’avait vraiment opté pour des compétitions exclusivement féminine ou masculine. Avec le meeting féminin du Val d’Oise, organisé jeudi 7 février, le plateau 100% féminin concocté par les organisateurs n’a qu’un seul but: mettre en avant les performances des femmes. «On veut prôner l’égalité hommes - femmes et ça passe par le sport, milite Marie Evelyne Christin, présidente de la commission sport et jeunesse du conseil général du Val d’Oise. On s’est aperçu qu’il n’y avait pas de meeting purement féminin en France. On s’est dit que c’était une bonne idée.»

Parmi les têtes d’affiche du meeting, Myriam Soumaré défend cette initiative qui dépasse le cadre du sport. «Ça fait du bien d’entendre parler de nous. Lors des derniers championnats de France, on n’a parlé que de Lemaître alors que moi aussi j’ai gagné un titre. On est sous-médiatisées», regrette la meilleure sprinteuse française. Comme elle, la championne olympique 2008 de saut en hauteur Tia Hellebaut apprécie ce coup de projecteur passager: «Entre filles, l’atmosphère est différente. Et ce n’est pas parce que nous sommes seulement des femmes que nous ne pouvons pas faire de belles perfs!», clame la Flamande, marraine de l’épreuve et maman de deux enfants.

Pas en guerre avec les garçons

A l’origine, l’idée d’une compétition 100% féminine était destinée à relancer l’intérêt du meeting. A travers cette initiative, les organisateurs cherchent aussi à promouvoir la pratique féminine dans un département où le taux de licenciées est assez faible. A terme, les athlètes concernées n’imaginent pourtant pas un athlétisme scindé en deux, où hommes et femmes fonctionneraient à distance.

Ce meeting n’a donc rien d’une fronde, où d’une guerre déclarée aux athlètes masculins. «Ce n’est pas du tout ça. Moi, j’adore regarder un 60m hommes, c’est beau, c’est viril. Je suis une file à garçons, j’aime bien rester avec eux, se marre Soumaré. Etre à l’hôtel, manger, dormir, courir qu’avec des filles, je ne l’aurais pas supporté longtemps (rires).» Juste le temps d’une course à Eaubonne au stade Stéphane Diagana. Le seul nom d’athlète masculin toléré ce soir-là.