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XV de France: Parra et la vie de remplaçant

XV de France: Parra et la vie de remplaçant

RUGBYLe demi de mêlée auvergnat, l'un des joueurs les plus expérimentés des Bleus, n'a toujours pas été titularisé par Philippe Saint-André cet automne...
Propos recueillis par Julien Laloye

Propos recueillis par Julien Laloye

Il ronge son frein au silence. Morgan Parra, taulier de l’ère Lièvremont, ne dispose pas des mêmes privilèges avec Philippe Saint-André. Handicapé par une blessure à la cuisse avant le match face à l’Australie, l’arrière clermontois patiente sur le banc tricolore pendant que Maxime Machenaud multiplie les bonnes performances à la mêlée lors de la tournée d’automne des Bleus. Parra, rencontré chez l’équipementier de l’équipe de France, n’en prend pas ombrage: «Il ne s’est jamais senti installé en équipe de France».

Comment vivez-vous votre statut de remplaçant?

C’est la preuve que je ne suis pas installé en équipe de France, contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent. Il y a une énorme concurrence de partout, pas seulement au poste de demi de mêlée. Après c’est vrai que si on prend en compte l’expérience (Parra a été sélectionné 45 fois chez les Bleus, ndlr…) j’ai peut-être joué plus de matchs, mais pour moi chaque joueur qui postule en équipe nationale a autant d’expérience à faire valoir.

Vous comprenez que le staff vous préfère Maxime Machenaud alors que vous êtes dans le paysage depuis quatre ans?

A notre poste, que tu aies 30 sélections, 100, ou zéro, c’est pareil. Tu as besoin de prendre la parole sur des choses qui ne vont pas. Avec le demi d’ouverture, le demi de mêlée c’est celui qui est à la manœuvre, qui est obligé de prendre des responsabilités, prendre des décisions. L’âge n’a pas d’importance, donc je ne me sens pas plus légitime que Maxime sur le terrain.

Quelle est ta relation avec lui? Celle d’un grand frère qui donne des conseils, comme on a pu le faire avec toi quand tu es arrivé chez les Bleus à 20 ans?

Non, je ne pense pas qu’on soit dans la même relation. Comme je disais, que tu aies une ou 30 sélections, à ce poste tu dois être un relais sur le terrain, Il n’y a pas de question à se poser. Il y a quatre ans, moi j’étais avec Jean-Baptiste Elissalde, un demi de mêlée qui avait beaucoup plus d’expérience que moi, donc il parlait plus, mais quand j’étais titulaire il fallait que je fasse aussi bien que lui. Nous comparer m’agace un peu… Ceux qui connaissent le rugby savent que je n’ai pas le jeu de Maxime et qu’il n’a pas le mien. Chacun apporte ce qu’il doit apporter.

Que vous manque-t-il pour vraiment vous installer sous le maillot bleu?

J’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Le jeu au pied, tout ce qui est compréhension du jeu, la stratégie, par moments la gestion… C’est pour ça qu’on dit souvent qu’à ce poste tu deviens vraiment important vers la trentaine parce que t’es mûr, un peu comme mes piliers. J’espère que ça arrivera le plus tôt possible, mais pour l’instant ce n’est pas le cas.

Vous attendez-vous à débuter face aux Samoa?

Aujourd’hui, il n’y a pas de favoritisme, pas de joueur plus important que d’autres. J’ai toujours la même boule au ventre avant l’annonce de la composition de l’équipe. Si je suis titulaire j’essaierai de faire le mieux possible, et si je suis remplaçant, je ferai de mon mieux pour apporter un plus aux titulaires. Mais je ne suis sûr de rien.