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Bleus: Didier Deschamps, l'Italien
FOOTBALL•C'est sans doute grâce à l'Italie qu'il est devenu l'entraîneur d'aujourd'hui...Bertrand Volpilhac
De notre envoyé spécial à Parme,
Quelque part, quand au soir du 12 juillet 1998 l’équipe de France a soulevé la Coupe du monde, elle le doit un petit peu à l’Italie. C’est là-bas, dans ce championnat si tactique et relevé, que les Thuram, Blanc, Zidane et Deschamps ont acquis la dimension qui leur a permis de mener les Bleus au sacre. Et quand ce dernier revient «au pays», 18 ans après avoir rejoint la Juventus, il est forcément reconnaissant. «Je prends toujours beaucoup de plaisir à revenir ici, sourit-il. Pendant mes cinq ans en tant que joueur (1994-1999) et mon année en tant qu’entraineur (2006-2007), je me suis trouvé à mon aise là-bas, sur les plans professionnel et humain.»
C’est un jeu de séduction. Deschamps le sait, il apprécie autant l’Italie qu’elle l’a en adoration. «L’Italie me connait, la presse italienne aussi. J’ai l’impression d’être toujours sous examen», souffle-t-il. Comme si le vieil instituteur père la rigueur vérifiait d’un œil bienveillant l’évolution d’un de ses gamins. Que le pays du Catennacio se rassure, Deschamps a bien appris sa leçon. «L’arrivée de Didier Deschamps a amené de la solidité à cette équipe, reconnait son homologue italien Cesare Prandelli. Elle avait beaucoup de talent mais du mal à s’exprimer. Elle est devenue plus concrète et pragmatique.»
La culture de la gagne
Et si «DD» se revendique quand même comme un «entraîneur français né français», il a du mal à cacher l’influence que ce pays a eu sur lui. Cette fameuse culture de la gagne. «Dans le foot, il faut être efficace dans les deux zones de vérité et montrer du réalisme. On peut affirmer que l’Italie a toujours eu de la qualité dans ce domaine. Moi j’essaye d’améliorer l’équipe dans ce secteur-là.» Même Patrice Evra, après l’avoir tancé sur le «toujours très bon» niveau de son italien, reconnait les qualités de «gagneur» du Deschamps transalpin.
Finalement, le plus drôle dans tout ça, c’est qu’au moment où Deschamps a pris la tête des Bleus avec sa politique de rigueur, une nouvelle Italie s’affirmait à l’Euro. Beaucoup plus joueuse et enflammée que toutes ses prédécesseurs. «Prandelli a modifié la philosophie de jeu de cette équipe, reconnait le sélectionneur des Bleus. Les équipes italiennes défendaient bien et étaient très réalistes. Là, depuis l’euro, elle va de l’avant et pose des problèmes à l’adversaire.» Ah, l’enthousiasme italien face à la solidité française… Décidément, tout fout le camp.
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