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Patrice Evra: «L'Euro m'a fait beaucoup de mal»

Patrice Evra: «L'Euro m'a fait beaucoup de mal»

FOOTBALLLe défenseur de Manchester traverse sans doute l'une de ses meilleures périodes en équipe de France...
Bertrand Volpilhac

Bertrand Volpilhac

Propos recueillis par notre envoyé spécial à Parme,

Il est toujours savoureux, Patrice Evra. Entre petites piques vers Laurent Blanc, admiration de Didier Deschamps et auto-satisfaction (légitime) après sa dernière performance face à l’Espagne avec les Bleus, le latéral gauche des Bleus a encore une fois illuminé la conférence de presse d’avant match de l’équipe de France. Sans aucun doute, Evra est en pleine confiance.

Il y a longtemps que nous vous n’avez pas vu en point presse. Est-ce qu’on vous a forcé à venir?

Oui, j’ai cinq ans donc il faut me pousser à venir en conférence de presse… (rires). Non pas du tout, c’était mon tour. Je n’ai jamais fui la presse. C’est toujours un plaisir de venir répondre vos questions (rires).

Est-ce que c’est plus facile d’être un joueur de l’équipe de France après le match nul en Espagne?
C’est toujours difficile. Même après Espagne-France. Je suis à l’étranger, je n’ai pas vu les retombées mais je sais que les Français étaient fiers de nous. On sait qu’on n’a pas gagné le match, mais on a tout donné. Mais le plus dur reste à venir. Il ne faut pas s’arrêter là.

A titre personnel, on sent que vous traversez une très bonne passe avec l’équipe de France…
Je n’ai pas digéré de ne pas jouer le quart de finale à l'Euro. Ce match face à l’Espagne, c’est comme une revanche, j’attendais ça avec impatience. Souvent quand je fais un bon match, les gens se disent que c’était sans doute le meilleur que j’ai fais avec l’équipe de France. Personnellement, depuis mon retour, je n’ai pas perdu un match avec les Bleus. Que ce soit avec l’équipe de Deschamps ou de Blanc.

Vous avez mal vécu le fait de perdre votre place de titulaire à l’Euro?

Cet Euro m’a fait beaucoup de mal. Je n’ai pas eu d’explication, et ce n’est pas devant la presse que j’en demanderai. J’en ai parlé à l’intéressé (Laurent Blanc) et je n’en ai pas eu. Je me suis retrouvé sur le banc sans explication avant le quart face à l’Espagne alors que je pensais vraiment que j’allais jouer. Peut-être que je dois passer par ces moments-là pour démarrer une carrière en Bleu similaire à celle de Manchester United. Finir ma carrière sans gagner quelque chose en Bleu serait un échec pour moi.

Votre sérénité retrouvée dans le jeu vient-elle de l’arrivée de Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France?
Didier, c’est le premier entraîneur qui m’a lancé en Ligue 1. J’étais à l’AS Monaco, j’avais à peine 20 ans. Il y avait une grosse concurrence et il n’a pas eu peur de me lancer. On a une longue histoire, mais ce n’est pas pour ça qu’il me fera des cadeaux. Quand il a repris la sélection, il m’a dit: «si t’es pas bon, tu seras sur le banc. Si t’es bon, tu joueras». J’ai enfin un entraîneur qui ne me regarde pas avec ce qu’il s’est passé en 2010. Avec lui, je parle avec une personne qui connait l’homme.

Patrice, la commission de discipline de la Fédération…
(Il coupe) Au revoir! (rires).