PSG-Dinamo Zagreb: Les supporters croates étaient venus pour se battre
HOOLIGANISME•La plupart des ultras du Dinamo Zagreb interpellés ont été libérés mercredi. Ceux qui ont participé à la bagarre de la Place de la Bastille devraient être mis en examen dans la soirée...William Molinié
«Il y a eu combien? Trois à zéro, c’est bien ça?» Ce jeune Croate d’une vingtaine d’années, membre du groupe d’ultras, les «Bad Blue Boys», ne connaissait pas le résultat exact du match PSG-Dinamo Zagreb (4-0) à l’issue de sa garde à vue, mercredi midi. Interpellé la veille, il n’aurait de toute façon pas assisté à la rencontre de Ligue des Champions. «La plupart d’entre nous n’avions pas de billets», confie-t-il à la sortie du commissariat du 11e, tout en remettant les lacets de ses chaussures. Ses camarades, qui eux aussi ont passé la nuit en cellule, le rejoignent au compte-goutte, avant de repartir, comme ils sont arrivés en France, sacs de sport en bandoulière, mais cette fois-ci, sous surveillance policière.
Vingt-et-un Croates, interpellés quant à eux lundi soir après une bagarre place de la Bastille, sont restés en garde à vue pour «participation à un attroupement en vue de la commission de violences, dégradation et violences volontaires aggravées . Ils «pourraient être mis en examen» dans la soirée de mercredi, a précisé à 20 Minutes une source judiciaire.
«Avant le fight, ils ont dévalisé les superettes du quartier en boissons alcoolisées»
Soupçonnés d'être venus pour se battre avec les supporters du PSG, plus de 120 Croates avaient été interpellés lundi soir et mardi après la publication d’un arrêté dès dimanche leur interdisant ce déplacement. Ils étaient rentrés en France, empruntant plusieurs petites routes, parvenant ainsi à déjouer le dispositif classique de surveillance des policiers. « Ils sont arrivés par groupes, dans des camionnettes ou des simples voitures pour ne pas se faire repérer», explique une source policière.
Certains d’entre eux, «les plus radicaux», avaient réservé il y a deux semaines par Internet quinze chambres dans un hôtel deux étoiles de la rue Saint-Sébastien (11e), à proximité de la place de la Bastille, où des violences ont éclaté lundi soir entre une cinquantaine de supporters du PSG et du Dinamo. «Ils se sont appelés. Ils avaient prévu de se retrouver à cet endroit pour en découdre avec les mecs du PSG», poursuit un policier présent sur le dispositif de surveillance.
«Avant le fight, ils ont dévalisé les superettes du quartier en boissons alcoolisées. Puis tout à coup, ils sont partis en direction de la Bastille», témoigne le patron de l’hôtel. Gaillards athlétiques aux nombreux tatouages, ces hooligans réputés pour être parmi les plus violents d’Europe cherchaient une «revanche», quinze jours après que 80 supporters du PSG avaient été refoulés à la frontière entre la Slovénie et la Croatie.


















