Bercy: Novak Djokovic, une élimination en question
TENNIS•Le Serbe, perturbé par des problèmes personnels, a laissé filer une rencontre qu'il avait très bien débutée...Julien Laloye, à Bercy
On serait méchant, on appellerait ça de l’imposture. Seul au monde face à Querrey pendant quarante minutes (6-0, 2-0), Novak Djokovic, rentré sur le Central de Bercy avec le masque de Dark Vador, est passé tout seul du côté obscur de la force. Le Serbe a à peine fait semblant de se battre à 4-2 contre lui dans la troisième manche, mais le service de l’Américain a fait taire toute tentative de rébellion –mollassonne- du numéro 1 mondial (0-6, 7-5, 6-4).
Un problème personnel?
La moue d’admiration au moment de serrer la main de Querray faisait déjà tâche quand on s’appelle Djokovic et qu’on a l’habitude de mastiquer ses adversaires un à un sur dur. Mais le Serbe a vite levé le voile devant les médias : il n’avait pas grand-chose à faire de ce match. Passés deux minutes à faire l’éloge polie de son adversaire, Novak a lâché le morceau : «Si on regarde du bon côté, ça va me permette d’avoir un peu de repos avant Londres. J’ai passé quelques jours difficiles ces derniers temps, certaines choses se sont passées dans ma vie et j’ai besoin de me reposer ».
La version qui courrait ces derniers jours faisait état d’une gastro à vous faire vomir les tripes. Djkovic a lui-même accrédité la thèse en racontant son calvaire sur le court –« Je savais que ma plus grande difficulté dans ce match serait de tenir physiquement, à partir du deuxième set, je me suis senti vidé »- mais très franchement le vainqueur de l’Open d’Australie n’a pas eu l’air d’un zombie sur le terrain. Faut-il alors chercher du côté de l’était de santé de son père, objet de toutes les attention selon les médias serbes? «C’est un sujet privé et je souhaiterais que cela reste comme ça» a esquivé le Serbe, qui a fait un aller/retour express pour la Serbie en début de semaine.
Bercy déplumé
Il se pourrait donc qu’on parle d’un simple problème de timing entre l’agenda de Djokovic et celui du circuit. Mais cette élimination très précoce du meilleur joueur de l’année, associée aux forfaits de Nadal et Federer, fragilise encore plus la position du tournoi de Paris-Bercy, qui ne pourrait pas tomber plus mal dans le calendrier. Guy Forget, croisé dans le salon des joueurs, n’était pas dupe : « Quand tu mènes 6-2, 2-0…» Le directeur du tournoi n’a pas souhaité en dire plus. Il doit prier, maintenant, pour que Murray joue le jeu à fond ou qu’un Français aille jusqu’au bout afin de proposer des affiches présentables au public du POPB en fin de semaine.



















