Labo antidopage: «Jamais» le test d'Armstrong de 2001 ne serait positif
CYCLISME•Le directeur du Laboratoire antidopage de Lausanne Martial Saugy livre son analyse...© 2012 AFP
Le directeur du Laboratoire antidopage de Lausanne Martial Saugy est formel: un test d'Armstrong de 2001 avait bien donné un résultat suspect mais «jamais» il n'aurait pu être qualifié de positif à l'EPO, même aujourd'hui, explique-t-il dans un entretien à l'AFP.
Cet échantillon du Tour de Suisse 2001 est l'un des éléments avancés dans le dossier à charge de l'Agence antidopage américaine (Usada) contre le futur ex-septuple vainqueur du Tour de France, et qui vaut à l'Union cycliste internationale (UCI) d'être soupçonnée d'avoir couvert le cycliste texan.
Armstrong
Surtout que deux des témoins clés de ce rapport, Floyd Landis et Tyler Hamilton, deux ex-coéquipiers d'Armstrong, ont assuré que Lance Armstrong s'était vanté d'avoir étouffé un contrôle positif à l'EPO sur cette édition du Tour de Suisse.
«Il n'y avait aucun positif sur le Tour de Suisse 2001», insiste Martial Saugy. En revanche, son laboratoire avait bien signalé trois cas suspects d'EPO, c'est-à-dire frôlant le seuil de positivité de l'époque, dont l'un provenant d'Armstrong, comme il l'apprendra plus tard.
Plus de traces des échantillons
Si dans son rapport l'Usada sous-entend que ce test aurait pu être déclaré positif avec les critères moins conservateurs désormais en vigueur, le scientifique est lui convaincu qu'il n'aurait aucune valeur juridique. «Jamais aujourd'hui on ne pourrait défendre ce résultat comme positif, c'est impossible, souligne le chercheur. Depuis 2003, une procédure de qualité des analyses oblige à tenir compte des risques qu'on appelle de fausse positivité pour vérifier que l'urine n'était pas modifiée par la physiologie du coureur ou dégradée par une bactérie. Ceci n'avait pas été fait à l'époque et ces urines n'existent plus parce que les règles n'imposaient pas de les conserver».
Au début des années 2000, le test de détection de l'EPO venait d'être mis au point par Françoise Lasne, au laboratoire antidopage de Paris, mais les deux premiers coureurs positifs furent déclarés par Lausanne grâce à cette méthode.
Mais la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de blanchir le Danois Bo Hamburger - le premier cas d'EPO porté en appel - au motif que la probabilité de positivité était insuffisante, incita laboratoires et fédérations à être prudentes dans les procédures.



















