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« Le meilleur moyen de jouer sur l’inclusion, c’est de ne pas faire de différence. »
INCLUSION•En seulement quelques mois d’existence, le Centre de Rénovation de Véhicules d’Occasion (CRVO), lancé en mars 2022, a dépassé les 7% de taux d'emploi de personnes en situation de handicap.
“Le handicap, c’est un mot qui fait peur”, pose Delphine Baux, gestionnaire RH chez CRVO. Dans le cadre d’une société, le terme reste bien souvent connoté négativement. Elle développe : “On pense tout de suite fauteuil roulant, difficultés. Le manque d’informations autour de ce sujet joue énormément”. Pourtant, intégrer des personnes en situation de handicap dans sa société est beaucoup plus simple qu’on ne le pense. La preuve avec le Centre de reconditionnement et de Rénovation des Véhicules d’Occasion (CRVO), qui a dépassé les 7% d’emplois de personnes en situation de handicap, en seulement quelques mois d’existence.
La volonté de faciliter l’emploi aux personnes en situation de handicap
“Il suffit d’avoir les bonnes informations et les bons interlocuteurs”, résume d’emblée Benoît Pecqueur, Directeur du site du CRVO. “On savait qu’on allait devoir recruter 140 collaborateurs, en quatre mois, sur divers postes : agents de maîtrise, ouvriers, cadres. Et nous avions la volonté d’intégrer des personnes en situation de handicap. ” Pour optimiser l’inclusion au sein de l’entreprise, la société se tourne alors vers des organismes spécialisés. “On a consulté l’Agefiph dès le départ. On ne savait pas du tout comment procéder avant de faire appel à eux”.
Comment ça se passe, en pratique ?
“Dans un premier temps, on échange, on analyse la situation, les besoins de l’entreprise”, explique Carole Coeffier, Chargée d'études et de développement pour l’Agefiph. “Le Directeur de site de CRVO a été pragmatique dans son approche, en se renseignant bien en amont du début de la campagne de recrutement”. Ce qui laisse la possibilité à l’Agefiph de les accompagner au mieux : “On a pu construire un plan d’action adapté, avec des échéances. Des actions sur le recrutement et aussi sur les formations au niveau des managers, des référents handicap”.
Carole Coeffier explicite : “On est vraiment dans une démarche de compensation du handicap, le but est de pérenniser la présence de la personne en situation de handicap dans l’entreprise”. D’où l’importance d’un accompagnement sur-mesure, pour chaque société qui permet d’en savoir plus sur le handicap ou encore sur les aides dont peut bénéficier l’entreprise.
Pour une égalité des chances à l’embauche
“Fort de ce constat, on a appris une nouvelle méthode de travail côté recrutement”, cette approche permet l’égalité des chances pour les personnes en situation de handicap, qui de ce fait peuvent se positionner sur les mêmes offres que les personnes dites valides. Concrètement, dans le cadre de sa campagne de recrutement, CRVO communique les annonces 2 à 3 semaines en amont à Cap Emploi (en lien avec l’Agefiph) afin de leur laisser le temps de sourcer les bons profils. Pour Carole Coeffier, c’est la méthode à adopter pour sécuriser la personne dans l’emploi sur le moyen et long terme.
Pour Benoît Pecqueur, le “meilleur moyen de jouer sur l’inclusion, c’est de ne pas faire de différence.” Le terme “handicap” relève en réalité une multitude de handicaps visibles et invisibles. “Nous n’avons pas toutes les connaissances autour des handicaps. Certes, certains empêchent par exemple le port de charges lourdes, mais quelqu’un qui est diabétique ou dyslexique n’est pas concerné par ce point”. Il s’agit simplement de placer le bon candidat au bon endroit, comme dans un process de recrutement classique, en somme.
Marque employeur : un moteur de fierté pour les salariés
Il serait ainsi assez simple de répondre à cette obligation d’emplois. Dans le cas de CRVO, “On est bien au-delà de l’obligation d’emploi légale. Il y avait une vraie volonté de la part du Directeur de site d’être dans cette démarche d’inclusion. Et à ce taux d’emplois de personnes en situation de handicap (7,2%), cela prouve bien que cela fait partie des valeurs de l’entreprise”, explique Carole Coeffier. “Lorsque la direction est très engagée, ça fonctionne”, résume-t-elle.
Du côté des salariés, la démarche est payante à tous les niveaux, comme l’explique Delphine Baux : “Il n’y a pas de tabou, les salariés nous disent se sentir bien. On se parle, on se dit les choses, les gens adhèrent à la politique de recrutement, à nos choix, ça fédère vraiment”. “Ils nous disent relativiser sur leurs petits tracas quotidiens, il y a une meilleure dynamique, une meilleure ambiance”. Pour preuve, les employés eux-mêmes sont les premiers à se rendre sur des événements organisés par la société, même sur leurs jours non travaillés et les haters qui remettent en cause les valeurs de l’entreprise sur les réseaux sociaux n’ont qu’à bien se tenir.



















