Hippisme : quand les jeunes montent en selle
Au galop•Enfants et adolescents sont de plus en plus nombreux à se laisser séduire par les courses de poneys. Activité sportive ou véritable passion, certains finissent même par se professionnaliser
Les poneys n’ont pas dit leur dernière course
Les courses de poneys ne sont plus réservées aux journées de vacances pour occuper les enfants. Cécile Madamet, présidente de l’association Poneys au Galop, est bien placée pour nous répondre sur le sujet. Avec un mari entraîneur, elle élève depuis des années des chevaux de course. Si elle dit “ne pas être issue du sérail” (comprendre “du milieu hippique”), elle y a vite été happée. C’est lorsque son troisième enfant - devenu maintenant jockey - participe à des courses de poney dans des hippodromes au milieu des champs, qu’elle décide de développer ces courses, encore quelque peu “artisanales” à l’époque. Elle se rapproche alors de la FFE (Fédération Française d’Equitation) et en 2017, signe un protocole d’accord avec France Galop. Aujourd’hui, elle est présidente de la commission fédérale des courses de poneys au galop. En construisant un règlement, elle a ainsi fait évoluer les courses de poneys sur les hippodromes. Cette année, 300 épreuves différentes ont lieu sur tout le territoire français. Discipline à part entière de la FFE, les courses sont organisées par tailles de poneys et par niveaux de cavaliers. Il y a désormais un championnat de France en deux manches sur trois jours, à Deauville début août. À cette occasion, les enfants (seuls les meilleurs en plat sont sélectionnés) sont parrainés par les propriétaires des plus grandes casaques. “L’un de nos objectifs est d’augmenter le nombre d’enfants non-issus de ce milieu en haut de la pyramide”, explique Cécile.
Des efforts, oui, mais “se faire plaisir”, avant tout
Quand on lui demande si elle identifie facilement les jeunes qui perceront et ce qui fait la différence (talent, motivation, travail, compétences…), elle répond “C’est un ensemble. On repère déjà le gabarit, et puis certains sont plus “casse-cou”, plus à l’aise que d’autres, mais on est heureux de voir tous les enfants se développer à leur niveau. Même si tous ne deviennent pas jockeys, le principal est qu’ils se fassent plaisir ! Ils peuvent aussi rester dans la filière courses, mais à d'autres postes, comme travailler dans l'élevage. Il y a beaucoup de métiers dans les courses”. Et accompagner ces enfants passionnés la met en joie. “Quand ils commencent à goûter à nos courses, ils sont rapidement mordus, et les parents aussi !”
Du poney au jockey : petits talents deviendront grands
Comment les enfants évoluent-ils ? Pour les petites épreuves shetlands, les enfants peuvent démarrer à 5 ou 6 ans s’ils sont prêts, mais dans la pratique c’est plutôt vers 8 ans, jusqu’à 18. Vers 13-14 ans, les meilleurs commencent déjà à pratiquer auprès d’entraîneurs. En catégorie Elite, les enfants se préparent, préparent leur poney, la plupart ont même le leur. “On travaille la position, ils sont tous sur des petites selles de course. Ils ressemblent à des petits jockeys, ils sont prêts à travailler dans des écuries de courses”, raconte Cécile. À partir de 16 ans, il n’est pas rare qu’ils aient envie de passer en apprenti. Certains entrent alors à l’AFASEC (école d’apprentissage à Chantilly, qui forme aux métiers dans les écuries de courses) ; ils peuvent continuer les courses de poneys tant qu’ils n’ont pas fait de courses hippiques officielles. Et l’école là-dedans ? “On fait évidemment en sorte qu’ils puissent continuer une scolarité normale, les courses se déroulent majoritairement entre avril et octobre, donc cela n’a pas trop d’incidence sur leur scolarité. C’est intense pendant l’été !”


















