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La Lune ou Mars? La priorité de la Nasa incertaine malgré des déclarations

La Lune ou Mars ? Le cap de la Nasa toujours incertain malgré les déclarations de son (probable) nouveau patron

exploration spatialeJared Isaacman, désigné par Donald Trump pour diriger l’agence spatiale américaine, a déclaré vouloir donner la priorité à l’envoi d’astronautes sur Mars, sans préciser le sort des missions Artemis de retour sur la Lune
Manon Minaca

M.M. avec AFP

«Nous donnerons la priorité à l’envoi d’astronautes américains sur Mars, et, en cours de route, nous aurons inévitablement les capacités de retourner sur la Lune. » Cette déclaration de Jared Isaacman, ce mercredi devant une commission de sénateurs chargés de le confirmer à la tête de la Nasa, pourrait illustrer un changement majeur dans la politique spatiale américaine.

Mais elle n’a pour autant pas levé les doutes du secteur spatial, qui s’interroge sur l’avenir des missions habitées : l’homme d’affaires passionné d’espace, choisi par Donald Trump pour diriger l’agence spatiale américaine, n’a pas clairement évoqué les missions Artemis, qui doivent permettre le retour d’astronautes sur la Lune – et y envoyer la première femme et la première personne de couleur – mi-2027.

Des propos contradictoires ?

Sa déclaration devant les sénateurs, qui l’interrogeaient sur sa vision pour la Nasa, et particulièrement sur l’avenir du programme lunaire, sème le doute après ses propos tenus mardi, lors de sa rencontre avec le sénateur républicain Ted Cruz. Celui-ci a affirmé sur son compte X, à l’issue de leur entretien, que Jared Isaacman était « engagé à faire revenir des astronautes américains sur la surface lunaire le plus vite possible afin de pouvoir développer les technologies nécessaires à aller sur Mars ».

Estimant que le « programme lunaire DOIT avoir lieu pendant le mandat de Donald Trump », au risque que « la Chine nous devance et construise la première base lunaire », le sénateur a affirmé qu'« Artemis et le programme Moon-to-Mars [de la Lune à Mars] étaient essentiels pour le leadership américain dans l’espace ».

Le doute persiste

Le programme Artemis, annoncé en 2017 sous le premier mandat de Donald Trump, doit permettre l’établissement d’une présence humaine durable sur l’astre en vue de la préparation de futures missions sur Mars. Mais en raison de son coût faramineux et de nombreux retards enregistrés, plusieurs voix critiques au sein du nouveau gouvernement américain ont appelé à sa profonde révision, voire à son annulation, ce qui serait un séisme pour le secteur spatial.

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Une incertitude renforcée par les propos du président Donald Trump, qui a promis de « planter la bannière étoilée sur la planète Mars » à plusieurs reprises depuis son retour au pouvoir en janvier, sans mentionner la Lune. Mais aussi et surtout par sa désormais grande proximité avec Elon Musk, pour qui la planète rouge est une obsession. Le patron de SpaceX, connu pour ses projections très optimistes, prévoit d’y envoyer sa fusée Starship dès 2026 et d’y lancer des missions habitées dès 2028.