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Qu’est-ce que le principe de réfutabilité de Popper ?

Qu’est-ce que le principe de réfutabilité de Popper ?

popper cultureLa science, pour être de la science, doit être réfutable. Qu’est-ce que cela signifie ? On vous éclaire dans cet article
Frédéric Henry pour 20 Minutes

Frédéric Henry pour 20 Minutes

L'essentiel

  • Le principe de réfutabilité a été énoncé par le philosophe des sciences Karl Popper en 1934.
  • Le principe est que, pour être tenue pour scientifique, une hypothèse doit être falsifiable, c’est-à-dire qu’on peut démontrer qu’elle est fausse si elle l’est.
  • Toute hypothèse irréfutable sortirait donc, par défaut, du domaine de la science.

Comment faire la différence entre science et pseudoscience ? À l’heure où on lit tout et n’importe quoi sur la Toile, cette question est d’autant plus fondamentale pour s’y retrouver. Afin d’y voir plus clair, on peut remonter à un concept énoncé en 1934 : le principe de réfutabilité de Popper.

Qui était Karl Popper ?

Né en 1902 et mort en 1994, Karl Popper était un philosophe des sciences autrichien naturalisé britannique. Préoccupé par la caractérisation des connaissances scientifiques, il a émis l’idée de réfutabilité en 1934, dans l’ouvrage La Logique de la découverte scientifique.

La réfutabilité, kézako ?

Si l’épistémologie vous intimide, rassurez-vous, le principe de réfutabilité de Popper est d’une simplicité enfantine. Il affirme que pour être tenue pour valide, une hypothèse ou théorie scientifique doit faire des prédictions claires et susceptibles d’être contredites par une expérience ou une observation.

Le cygne noir

Pour clarifier sa pensée, Popper l’a illustrée avec un exemple facile à comprendre : si l’on suppose que tous les cygnes sont blancs, c’est réfutable. Pourquoi ? Parce qu’il suffit de trouver une fois, à un moment et en un lieu donné, un cygne noir pour contredire cette hypothèse. Inversement, la réalité de Dieu n’est pas irréfutable, puisque nul n’est en mesure de prouver son inexistence. De fait, la foi ne saurait entrer dans le domaine de la science (et l’argument de la théière de Russel – dont 20 Minutes vous parlait dans cet article – découle directement du principe de réfutabilité).

À quoi ça sert ?

À savoir où l’on met les pieds lorsque l’on veut émettre ou évaluer une hypothèse (principalement scientifique, mais, par extension, pas que). Certaines croyances reposent sur des faits irréfutables ou peu réfutables : soit parce qu’on ne peut démontrer l’inexistence de quelque chose, soit parce qu’elles comportent trop d’arguments flous, circulaires ou sujets à une réinterprétation a posteriori. De fait, c’est souvent le cas des pseudo-médecines (y compris la psychanalyse), de l’ésotérisme ou des théories du complot.

Pour aller plus loin

Il est difficile de faire le tour d’un concept aussi complexe en 400 mots : si vous souhaitez approfondir le principe de réfutabilité de Popper (y compris les objections dont il a fait l’objet), n’hésitez pas à consulter l’article Wikipédia qui lui est consacré.