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Une cité maya abandonnée localisée grâce à une lettre du XVIIe siècle

Comment une cité maya abandonnée a été localisée grâce à une lettre du XVIIe siècle

RECHERCHELa cité maya Sak-Bahlán, dernier bastion des rebelles lacandons du Chiapas (Mexique), est restée perdue pendant plus de 300 ans avant d’être récemment localisée par des chercheurs grâce à une lettre ancienne analysée par modélisation prédictive
20 Minutes avec agence

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Une cité maya perdue depuis trois cents ans a été récemment localisée par les chercheurs mexicains de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire. Il s’agit de Sak-Bahlán, la dernière ville des rebelles lacandons du Chiapas ayant résisté aux colonisateurs espagnols jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Pour retrouver au Mexique la trace de cette ancienne forteresse délaissée depuis 1721, les scientifiques ont associé la technologie de pointe de la modélisation prédictive par systèmes d’information géographique (SIG) et une simple lettre datant de 1698, explique Popular Mechanics.

Une zone délimitée

« Ce fut l’excursion la plus ardue de ma vie, mais nous avons finalement trouvé les preuves archéologiques, exactement à l’endroit que j’avais marqué », a commenté Josuhé Lozada Toledo, spécialiste du centre du Chiapas à l’Institut. Lui et les archéologues Brent Woodfill et Yuko Shiratori savaient que la cité perdue se trouvait dans la réserve de biosphère de Montes Azules (Mexique), plus précisément dans une plaine entourée d’un méandre de la rivière Lacantún.

Pour identifier son emplacement exact, ils avaient à leur disposition des documents historiques, notamment une lettre rédigée par le moine espagnol Diego de Rivas en 1698. Celui qui était tombé par hasard en 1695 sur la forteresse surnommée « la terre du jaguar blanc » y détaillait un voyage effectué par un groupe de soldats depuis le site. Les chercheurs se sont appuyés sur l’itinéraire décrit et ont intégré de nombreuses variables, comme la nature de la végétation et le poids que chaque personne transportait.

Des découvertes majeures

En prenant tous ces éléments en compte, les scientifiques ont pu identifier, avec l’aide de la technologie SIG, une zone approximative où Sak-Bahlán pouvait se trouver, près de la frontière entre le Mexique et le Guatemala. Et en s’y rendant, ils ont effectivement découvert la fameuse cité et ont mis au jour sur place des structures en pierre, des outils, des céramiques et une église coloniale. Autant d’éléments correspondant aux documents sur la ville.

« Cette découverte enrichit l’histoire du Chiapas et montre la dignité, l’identité et la force des groupes autochtones », s’est réjoui Josuhé Lozada Toledo. Pour lui, la découverte du site « démontre le potentiel des outils technologiques pour redécouvrir ce que le temps a caché ». Leur trouvaille, financée par la chaîne de télévision Discovery Channel, a fait l’objet d’un article publié dans la revue Chicomoztoc. Elle va également faire l’objet d’un documentaire qui sera diffusé sur la chaîne.