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Chez le boucher, à la station essence… La métrologie est partout, on vous explique

Elle est partout autour de vous, du supermarché à la station essence… On vous explique la métrologie

késako ?Cette discipline au nom très flou, qui regroupe les techniques permettant d’effectuer des mesures, de les interpréter et de garantir leur exactitude, est bien plus présente dans votre quotidien que vous ne le croyez
Manon Minaca

Manon Minaca

L'essentiel

  • La métrologie, qui regroupe les techniques permettant d’effectuer des mesures, de les interpréter et de garantir leur exactitude, est peu connue du grand public.
  • Elle est pourtant très utile et nous entoure : à la pompe à essence, au supermarché, quand on mesure un mur pour y mettre un meuble, quand on est flashé pour excès de vitesse… Tout ce qui implique une mesure relève de la métrologie et est rigoureusement contrôlé.
  • Cette discipline permet d’établir des références communes et de faire respecter les normes, mais surtout d’établir une confiance dans les mesures, qu’il s’agisse d’analyses médicales ou du poids de votre cagette de clémentines.

Elle est là, dans les villes, dans les campagnes, et même sur les réseaux sociaux… Et vous n’en avez sûrement jamais entendu parler. Elle, c’est la métrologie, un champ de la science dont l’objectif est de fournir des références universelles et les plus homogènes possible pour les mesures. Un concept très abstrait, et - on vous l’accorde - un poil obscur… qui se cache pourtant derrière chaque aspect de notre vie. A l’occasion des 150 ans de la Convention du mètre, qui a ancré et unifié le système métrique à l’international, on en a discuté avec Marc Himbert, professeur émérite de métrologie au Cnam (Centre national des arts et métiers).

« La métrologie, c’est une infrastructure cachée, parce qu’on n’en est pas conscient qu’on utilise en permanence », confirme le spécialiste. Il donne quelques exemples pour y voir plus clair : « On parle des mètres, des balances, des capteurs de force que vous avez dans les outils, des mesures électriques, des mesures de débit de télécommunication, des taux d’alcool, des taux de sucre… » Bref, tout ce qui implique une mesure.

La métrologie autour de nous

De nombreux aspects de notre vie cachent ainsi de la métrologie. Dans les achats quotidiens, quand vous achetez de la viande ou du carburant par exemple, « la transaction est basée sur la masse ou le volume, c’est ce qui caractérise l’objet échangé. Et il faut que vous ayez confiance dans les références employées pour régler les instruments de mesure », poursuit Marc Himbert.

Etablies et vérifiées par les métrologues, elles servent ainsi au respect des lois et des règlements. Il s’agit, par exemple, du contrôle des limites de bruit pour les avions qui décollent, ou des limites de vitesse sur la route. « Il faut que la façon dont on relève ces valeurs soit incontestée, vous ne pouvez pas annoncer des [mesures] si elles ne sont pas traçables et pas vérifiées », détaille le spécialiste. Précision utile pour celles et ceux qui seraient tentés de contester une amende pour excès de vitesse en prétendant que le radar était mal calibré : cette technique est inefficace car les « cinémomètres sont vérifiés ».

Un outil de confiance

Pour résumer, la métrologie est donc là pour « pacifier les interactions sociales », évoque Marc Himbert. Une manière d’éviter les conflits et d’instaurer une confiance dans les résultats, « parce que les références sont bien faites et homogènes à l’échelle du monde entier ».

Cette confiance, valable aussi pour les particuliers dans le cadre des courses du quotidien, comme évoqué plus haut, l’est aussi dans la santé : « Les laboratoires d’analyse biomédicale de ville sont accrédités, c’est-à-dire qu’on est allé vérifier qu’on pouvait avoir confiance dans leurs résultats parce qu’ils pratiquent les analyses d’une façon qui inspire confiance », poursuit le professeur en métrologie.

Des contrôles récurrents

Pour que cette confiance perdure, la métrologie légale impose une vérification régulière. « La prochaine fois que vous faites le plein, si vous regardez sur la pompe à essence, vous verrez une petite étiquette verte qui indique qu’elle a été vérifiée et que sa vérification est valable pour une certaine durée, avec le mois et l’année indiquées par des petits poinçons », explique Marc Himbert.

Cette vérification est effectuée par des laboratoires accrédités, eux-mêmes contrôlés et évalués régulièrement, qui utilisent les références nationales fixées par les métronomes. Références nationales qui sont, elles, comparées à celles des autres pays dans le cadre de la Convention du mètre, pour qu’elles soient bien équivalentes.

Des enjeux plus stratégiques

Côté industrie, la métrologie a aussi une grande utilité. « Si vous faites des morceaux d’Airbus dans différents pays du monde, il va falloir les mettre ensemble, et le faire à 50 micromètres près », prend pour exemple Marc Himbert.

Une uniformité qui présente aussi un enjeu sociétal et politique, comme dans le cas de la mesure du changement climatique. « Il faut qu’on soit sûr de la façon dont on est en train de mesurer les températures et des références correspondantes. Nous, métronomes, définissons de façon consensuelle à l’échelle du monde entier ces références, pour qu’elles ne puissent pas être dénoncées. »

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Sans oublier que les mesures « sont au cœur de la démarche scientifique », qui consiste à établir des hypothèses et à les vérifier ou les faire évoluer en fonction des résultats des expériences menées pour les tester. D’où l’intérêt d’avoir « les meilleures références possibles », question « au cœur de la métrologie d’aujourd’hui », conclut Marc Himbert.