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Les noms racistes de centaines de plantes vont être modifiés après un vote historique
botanique•Lors du 20ᵉ Congrès international de botanique, il a été décidé qu’une centaine de végétaux au nom à connotation raciste devaient être débaptisés. La commission chargée du nom des animaux s’oppose quant à elle à ce type de changement20 Minutes avec agence
Des botanistes du monde entier sont réunis à Madrid (Espagne) du 21 au 27 juillet pour le 20ᵉ Congrès international de botanique. À cette occasion, un grand vote a été organisé afin de décider ou non de débaptiser plus de 200 plantes, champignons et algues portant un nom à connotation raciste, rapporte BFMTV. Ce changement de nomenclature a été adopté à 351 voix pour et 205 contre.
Avec 63 % de votes favorables, cette mesure a en réalité été adoptée de justesse puisqu’elle devait recueillir plus de 60 % des suffrages, comme l’avait précisé la revue Nature il y a quelques jours. D’après nos confrères, ce changement vise notamment à modifier le nom des plantes contenant le mot latin « caffra ».
Un terme raciste abandonné
Issu de l’arabe « kafir » (non-croyant), « caffra » est un terme qui était utilisé pour désigner péjorativement les Noirs durant l’apartheid. D’abord employé pour évoquer l’ensemble des populations noires, il a ensuite servi à désigner certains habitants d’Afrique australe considérés comme inférieurs aux populations du sud de l’Afrique, avant de concerner au XXe siècle tous les Noirs d’Afrique du Sud en tant que race jugée inférieure.
À partir de 2026, les plantes portant cette dénomination seront dépourvues du « c », passant de « Caffra », à « Affra », jugé plus adapté pour évoquer leurs origines africaines. Parmi elles se trouvent notamment Erythrina Caffra, Protea Caffra ou encore Dovyalis Caffra.
D’autres noms faisant référence à des esclavagistes ou des figures opposées à l’abolition de l’esclavage devraient également être changés, ajoute Le Parisien. C’est le cas de l’Hibbertia, qui évoque le nom de George Hibbert, membre du lobby pro-esclavagiste britannique. En parallèle, une commission spéciale chargée des nouveaux noms pour les plantes devrait être créée début 2026.
Quid des animaux ?
Si ces changements ont été approuvés par une grande majorité de botanistes, ils ont toutefois fait émerger certaines inquiétudes. « Cela pourrait potentiellement causer beaucoup de confusion et de problèmes dans de nombreux domaines autres que la botanique », a souligné Alina Freire-Fierro, botaniste à l’université technique de Cotopaxi (Équateur), mentionnant de potentiels problèmes informatiques ou juridiques.
Il faut enfin noter que la Commission internationale de la nomenclature zoologique s’oppose pour l’instant à de tels changements en ce qui concerne les noms des animaux.



















