Projet de fusion nucléaire Iter : Des milliards d’euros de surcoût et des années de retard en perspective
Surchauffe•Le réacteur expérimental international de fusion nucléaire Iter, qui vise à révolutionner la production d’énergie, est victime de malfaçons, et sa facture va s’alourdir de « milliards » d’euros20 Minutes avec AFP
Coup dur pour le réacteur expérimental international de fusion nucléaire Iter, qui vise à révolutionner la production d’énergie. Victime de malfaçons, le projet aura un retard d’au moins huit ans pour sa première étape cruciale et sa facture va s’alourdir de « milliards » d’euros.
« Il y a un retard mais nous pensons que nous faisons ce qui est bon pour atteindre l’objectif final avec plus d’attention aux risques et en minimisant le retard total », a déclaré le directeur général d’Iter Pietro Barabaschi lors d’une conférence de presse mercredi à Saint-Paul-lès Durance, dans le sud-est de la France, où est basé ce méga-projet.
Le surcoût devrait être de quelque cinq milliards d’euros, a-t-il précisé, pour un coût total déjà engagé estimé entre 20 et 40 milliards d’euros. Une fourchette très large car le montant exact est difficile à chiffrer puisque beaucoup de contributions des parties impliquées dans ce projet sont en nature, selon la direction.
Défauts de fabrication
Après la découverte en 2022 de défauts de fabrication sur des composants essentiels de l’imposant réacteur en cours de construction, Pietro Barabaschi, qui venait alors d’arriver à la tête du projet avait reçu mission des sept membres – Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, Inde, Japon, Union européenne et Russie – d’élaborer un nouveau calendrier et un nouveau budget.
Présenté fin juin au conseil d’administration d’Iter, il prévoit notamment un retard de huit ans pour la première étape scientifique cruciale, la production du « premier plasma » de matière, indispensable à la fusion, initialement prévu en 2025. La direction du projet a également demandé une rallonge de « cinq milliards » d’euros au Conseil d’administration, qui a accepté le nouveau calendrier, mais doit encore se prononcer sur les financements. Une décision pourrait intervenir d’ici la fin de l’année, selon des sources internes.
La fusion nucléaire, différente de la fission utilisée dans les centrales actuelles, vise à reproduire la réaction physique à l’œuvre dans le Soleil, et à fournir ainsi une source d’énergie présentée comme sûre et sans déchets.
Ne ratez rien de l'actu industrielle françaiseLes déboires d’Iter interviennent alors que des laboratoires universitaires, mais aussi des start-ups, se sont lancés dans la course à la fusion et ont annoncé ces derniers mois des avancées significatives.


















