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Quand l’ADN des Mayas livre ses secrets sur les sacrifices d’enfants

Des chercheurs font parler l’ADN des Mayas et livrent des secrets sur les sacrifices d’enfants

archéologieUne vingtaine de chercheurs vient de publier ce 12 juin un article dans Nature à partir d’analyses ADN sur 64 restes humains, prélevés à Chichén Itzá, une ancienne cité maya au Mexique. Ils font des révélations sur leurs rites mortuaires
Elsa Provenzano

E.P.

L'essentiel

  • Les analyses de l’ADN ancien prélevé sur des ossements ont prouvé que les Mayas procédaient à des sacrifices d’enfants mâles et aussi de jumeaux, qui avaient une place importante dans leur mythologie.
  • Ces analyses ont aussi établi une forte continuité génétique entre les Mayas anciens et les populations autochtones contemporaines de la région, ce qui a permis de confirmer que ces dernières sont bien les descendantes des Mayas d’autrefois.
  • La connaissance de ces origines a été jugée précieuse pour ces communautés, dont les membres ont pu prendre connaissance de ces travaux de recherche.

La connaissance de la civilisation maya, qui a plus d’un millénaire et demi, progresse grâce à la recherche scientifique sur l’ADN ancien. Un groupe d’une vingtaine de chercheurs vient de publier, ce 12 juin, dans la prestigieuse revue Nature, un article qui dévoile certains pans du sacrifice des enfants. Et, ils ont aussi prouvé que les populations autochtones actuelles sont bien des descendants des Mayas d’autrefois, relève Courrier International.

Des enfants mâles et des jumeaux, en référence à un mythe Maya

En 1967, lors de la construction d’un petit aéroport derrière Chuchén Itzà, une ancienne cité maya, de l’ADN ancien avait été prélevé sur des restes humains. Avec les progrès scientifiques et parce que les échantillons étaient suffisamment riches pour être séquencés, les chercheurs ont été en mesure de faire parler l’ADN récolté sur les ossements de 64 personnes. La taille des os indiquait qu’il s’agissait d’enfants. Mais alors que jusque-là les archéologues penchaient pour des jeunes filles vierges, les analyses ADN ont montré qu’il était en fait question de jeunes garçons.

L’autre découverte, c’est que 25 % des enfants sont de la même famille et parmi eux, deux paires de vrais jumeaux. « Les jumeaux occupaient une place à part dans la vie spirituelle et l’histoire de la création chez les Mayas, notamment à travers la légende des "jumeaux héros", dans laquelle deux frères descendent dans le monde souterrain pour venger la mort de leur père », explique sur CNN Christina Warinner, chercheuse au département d’archéogénétique de l’institut Max-Planck, qui a piloté ces travaux. Cette légende est représentée dans beaucoup d’œuvres d’art maya mais le lien direct avec les rites de sacrifice n’aurait pas pu être établi sans ces analyses de l’ADN ancien.

Une continuité génétique avec la population actuelle

L’équipe de recherche a également comparé l’ADN des garçons sacrifiés avec celui des habitants de Tixcacaltuyub, une ville située à environ une heure de route de Chichén Itzá. Elle a pu démontrer de fortes continuités génétiques qui font indiscutablement des populations autochtones contemporaines les descendants des Mayas.

Plus d'infos sur l'actu scientifique

« C’est extrêmement précieux pour les gens qui vivent dans cette région de connaître leurs origines avec certitude », souligne dans Science Ermila Moo Mezeta, coautrice de l’étude, spécialiste des Mayas et enseignante à l’Université autonome du Yucatán. Les résultats ont été communiqués aux populations concernées.