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C’est quoi cette « académie du métavers » à Marseille ?

Une première française à Marseille, c’est quoi cette « académie du métavers » ?

DANS LA MATRIceLa région, Méta (Facebook) et l’organisme de formation Simplon ont inauguré ce jeudi à Marseille, la toute première « académie du métavers » de France. Mais pourquoi donc ? Chaussez votre casque de réalité virtuelle et suivez le guide
Alexandre Vella

Alexandre Vella

L'essentiel

  • Une académie de formation aux métiers du métavers a été inaugurée à Marseille. Une première en France.
  • Industrie, médecine, bâtiment, jeux vidéo… les possibles sont nombreux.
  • Financé par Méta (Facebook) et la région, il s’agit de préparer l’avenir et le forcer un peu en sortant la réalité virtuelle augmentée de son périmètre geek.

Bâtiment, médecine, formation, éducation, jeux vidéo, immobilier, industrie… L’appétit du métavers pour de nombreux segments de l’économie semble illimité. Pour vulgariser, ce terme encore largement obscur regroupe les espaces virtuels des internets dans lesquels un ensemble de nouvelles technologies numériques, et d’autres à venir, trouve des applications. Et c’est pour préparer les jeunes d’aujourd’hui à ces métiers de demain que la région, Méta (Facebook) et l’organisme de formation Simplon ont inauguré ce jeudi à Marseille, la toute première « académie du métavers » de France.



Dans les semaines à venir, des académies identiques ouvriront à Nice, Lyon et Paris. A Marseille, une dizaine d’entreprises de la région sont partenaires de l’opération et accueilleront en alternance cette première promotion de 20 jeunes, financée à part relativement égale par Méta et la région Paca à hauteur de 600.000 euros en Paca. D’accord allez-vous dire mais pour quoi faire ?

Sortir du périmètre geek des jeux vidéo

Nous avons tous en tête des usages récréatifs de réalité augmentée, de films ou de jeux vidéo dont vous êtes le héros. Mais l’enjeu pour le métavers est justement de sortir de ce périmètre geek. Ludovic Chaigneau et sa société de modélisation et animation de bâtiment est une des entreprises partenaires. Il recherche des profils de développeur 3D et réalité virtuelle et explique son application du métavers.

« Aujourd’hui la conception des bâtiments se fait en modélisation 3D en intégrant les données de durée de vie des matériaux que nous pouvons soumettre à différentes simulations. Mais nous modélisons également des bâtiments, comme le Grand palais de Paris dernièrement. En reversant cette base de données dans le métavers, cela permet à un technicien équipé de lunette de réalité augmentée de voir par exemple dans les faux plafonds, d’avoir une vue d’ensemble et donc de savoir où intervenir ». Cette entreprise développe aussi actuellement pour un collège de Monaco un équipement pour les classes qui permettrait à des élèves hospitalisés de suivre les cours en réalité virtuelle.

Autre entreprise intéressée : Wixar, qui développe des modules de formation en réalité virtuelle. « Nous partons du constat que l’apprentissage se fait mieux en pratiquant. Nos capsules immersives de formations permettent par exemple à un élève chirurgien de simuler une opération du cerveau, ou encore à un technicien industriel de s’exercer à une tâche. Dans ces conditions virtuelles, l’erreur ne coûte rien et cela permet de réduire l’accidentologie », estime Benjamin Altani, qui prévoit d’embaucher dix personnes.

Ouvrir de nouveaux champs économiques

« Cette académie est faite pour développer des écosystèmes », a introduit Laurent Solly, directeur général de Méta pour l’Europe du sud. Autrement dit, ouvrir et pénétrer de nouveaux champs économiques dans lesquels les acteurs de ces technologies offriront leurs services. Et le marché paraît juteux : « Les études prévoient que le métavers représentera 440 milliards du PIB européen en 2030 (Soit 3 % du PIB actuel) et on estime que 80 % des jobs de cette nouvelle industrie ne sont pas encore connus », poursuit-il. Un train pour l’heure encore hypothétique mais que n’a pas voulu manquer Renaud Muselier, le président de la région, présent lors de cette inauguration. « Ceux qui n’y participent pas risquent de connaître une fracture numérique, économique et sociale », entend-il. « Mais je n’irai pas faire mes courses dans un supermarché virtuel ou danser en boîte de nuit du métavers », avertit-il.

Méta, qui connaît actuellement un trou d’air économique avec une forte baisse de sa rentabilité et une diminution de son chiffre d’affaires, pourrait de son côté bien jouer une grosse partie de son avenir (et de sa survie ?) dans le métavers. En tout cas, ses lignes de productions de casques de réalité augmentée sont prêtes.