Pourquoi Nice est en train de devenir le nouveau territoire des filières d’avenir du métavers et du jeu vidéo ?

NOUVELLES TECHNOLOGIES L’attrait pour Nice des nouvelles formations liées au numérique s’explique grâce à de plusieurs facteurs comme un « écosystème vertueux favorable »

Elise Martin
L'école Isart Digital, pionnière des métiers du jeu vidéo, ouvre un campus à Nice axé sur l'aspect business du secteur (Illustration)
L'école Isart Digital, pionnière des métiers du jeu vidéo, ouvre un campus à Nice axé sur l'aspect business du secteur (Illustration) — Isart Digital
  • Depuis peu, de nombreuses structures reconnues choisissent la capitale de la Côte d’Azur pour implanter leur formation.
  • Un choix qui s’explique par l’écosystème favorable crée par la ville et un vide à combler face à la demande du public mais également des entreprises.
  • Pour le directeur et fondateur de l’école Isart Digital, l’écovallée de Nice est bien mieux que la Sillicon Valley.

Dans quelques mois, ils seront développeurs concepteurs spécialisés en technologies immersives, comme la réalité virtuelle, augmentée et mixte, et métavers. Lundi, une vingtaine d’élèves ont intégré l’académie Meta, le groupe qui rassemble Facebook, WhatsApp et Instagram, à Nice. La société américaine, créée par Mark Zuckerberg, a choisi la capitale azuréenne, en plus de Marseille et bientôt Paris et Lyon, pour s’implanter et former ces étudiants aux « métiers émergents ». C’est aussi le cas d’Isart Digitial, « l’école pionnière des métiers du jeu vidéo ». Il y a un mois, elle a ouvert un nouveau campus nommé « Game Business School », axé sur la commercialisation autour des jeux vidéo.

Pour l’Agence française pour le jeu vidéo, ces choix de la Côte d’Azur correspondent à « des opportunités » qui se sont formées grâce « à la création d’un écosystème du numérique » par la ville depuis quelques années. Le directeur général, Emmanuel Forsans, développe : « Selon moi, il y a une volonté de se placer pour être les premiers sur ce territoire où peu de structures existaient auparavant ».

« Nice doit être un anti-modèle »

C’est la stratégie de Simplon.co, cette entreprise sociale et solidaire qui permet une inclusion dans le domaine pour toutes et tous et qui ouvre conjointement avec Meta cette académie du métavers à Nice. Alexandre Chervet, le responsable régional, explique : « Ici, il existe un bassin de public qui n’attend qu’à être formé. Mais il y a aussi un énorme besoin des entreprises. On estime entre 5.000 et 10.000 le manque de main-d’œuvre numérique sur le territoire. La stratégie locale a alors été de se donner les moyens d’accueillir les grandes entreprises comme les start-up dans le numérique à travers les infrastructures et tout l’écosystème qui l’entoure. »



A l’exception de Sophia Antipolis, la Côte d’Azur n’était pas reconnue comme un endroit pour les nouvelles technologies. Pour le représentant de Simplon.co, Nice a pour avantage « d’être dans l’avenir jusque dans la transition écologique avec des structures plus adaptées aux enjeux de demain ». « Nice doit être un anti-modèle de Sophia Antipolis, poursuit-il. La capitale azuréenne, cette belle endormie, est désormais bien réveillée. On est plusieurs à s’être récemment implanté, d’ici dix ou quinze ans, Nice sera la place forte dans le domaine. »

Il insiste sur le rôle de la politique de la ville : « Quand on crée des infrastructures faites pour accueillir des écoles et des entreprises, les écoles et les entreprises viennent. » Mais miser sur les métiers d’avenir ne signifie pas pour autant gommer l’identité niçoise. Alexandre Chervet continue : « Ce sont des nouvelles activités qui se créent mais il n’est pas nécessaire de changer ses compétences, poursuit le responsable régional. Ce genre de formation apporte une plus-value à la vraie richesse. Ce sont des atouts en plus pour le territoire, pas un remplacement. »

« Un terrain de jeu exceptionnel »

Du côté d’Isart Digital, on va même plus loin. Le directeur et fondateur de l’école, Xavier Rousselle estime que l’écovallée niçoise concurrence largement la « Silicon Valley ». « On a changé notre politique internationale pour Nice, lance-t-il. A l’origine, après le deuxième campus de l’école à Montréal, on pensait continuer sur cette lancée. Mais on a vu dans la ville un vrai intérêt, il y avait un vide à combler et un terrain de jeux exceptionnel. »

Pour ce passionné, la capitale azuréenne apporte également « un environnement favorable à la créativité » et transmet « de l’émotion, des couleurs et une histoire ». « C’est essentiel pour ces jeunes qui ont le goût du beau et un œil créatif », ajoute-t-il.

La Game business school va alors former 400 jeunes par promotion autour de la commercialisation du jeu vidéo et en corrélation avec le site de Paris avec des « vrais projets en cours ».