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Les plateformes Onlyfans et Mym bientôt interdites en France ?

Les plateformes Onlyfans et Mym bientôt interdites en France ?

PORNOGRAPHIE•Les députés veulent étendre le proxénétisme aux actes de prostitution en ligne
Hakima Bounemoura

H. B. avec AFP

La mesure, inscrite dans la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes, inquiète de nombreuses créatrices de contenu sur Onlyfans ou Mym. Les députés ont adopté cette semaine en commission un article visant à faire entrer les actes sexuels rémunérés réalisés à distance dans le champ du proxénétisme.

Dans le viseur, les plateformes spécialisées dans le contenu sexuel rémunéré, qui se sont largement développées ces dernières années, en particulier auprès des jeunes. La disposition vise les intermédiaires, comme les plateformes proposant notamment des contenus de nature sexuelle réalisés à la demande d’un client, mais aussi leurs utilisateurs, en créant un délit réprimant l’achat de tels actes réalisés à distance.

« Le monde virtuel à l’heure actuelle, c’est la jungle »

La mesure a suscité un vif débat entre députés, notamment entre ceux y voyant une « porte d’entrée » vers la prostitution des plus jeunes et ceux s’inquiétant qu’une possible interdiction n’amène en réalité certains travailleurs du sexe vers des pratiques physiques plus dangereuses. « L’achat d’acte sexuel en ligne est la première porte d’entrée pour le proxénétisme physique », a souligné la co-rapporteure Isabelle Rauch (Horizons), ajoutant : « Le monde virtuel à l’heure actuelle c’est la jungle, on n’a rien pour faire en sorte que ces jeunes filles et jeunes hommes puissent être protégés ».

A l’inverse, la députée Sarah Legrain (LFI) a relayé les arguments d’une partie des travailleurs du sexe, dont certains se disent « bien plus en sécurité que dans un contact physique avec un client ». Avec cette mesure, ces plateformes « vont fermer » et contraindre les travailleurs du sexe à se rendre « sur des plateformes pas du tout régulées », où ils se feront « exploiter », a souligné la députée. « Tout n’est pas équivalent », entre « se caresser les pieds devant une caméra » ou « une pénétration sexuelle contre de l’argent », a-t-elle ajouté.

« Avec ce texte, on risque de se retrouver à travailler dans la rue »

« C’est un article contre-productif qui va nous forcer à aller vers des plateformes beaucoup moins réglementées, beaucoup moins suivies et beaucoup moins protectrices de nos droits », a abondé à Zoé Faucher, utilisatrice de Mym et l’une des porte-parole d’un collectif de travailleuses du sexe en ligne.

« Avec ce texte, on risque de se retrouver à travailler dans la rue, parce qu’on n’aura pas le choix », explique de son côté Carmina, utilisatrice de plateformes de prostitution en ligne, pour qui l’article adopté à l’Assemblée nationale pourrait produire l’effet inverse de celui recherché.

Le texte, examiné depuis lundi par une commission spéciale, doit arriver dans l’hémicycle début octobre. Cet article fera l’objet d’un débat avant d’être soumis à un nouveau vote.