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« Une victoire sans problème » … Mais alors, qui gagne vraiment dans un combat entre un gorille et cent humains ?
30 millions d’ennemis•Un débat agite Internet depuis trois jours : qui gagne dans un combat entre un gorille et cent humains ? « 20 Minutes » a demandé à deux experts de trancher la questionJean-Loup Delmas
L'essentiel
- Nouveau grand débat qui passionne Internet : qui gagnerait dans un combat entre un seul gorille, et cent humains ?
- La question divise, avec des positions très tranchées des deux côtés. Pour les uns, le nombre de cent suffit amplement à écraser le gorille, alors que pour d’autres, l’animal, véritable concentré de muscles et de crocs, écraserait les humains les uns après les autres.
- Pour trancher l’épineuse question, « 20 Minutes » a contacté deux experts pour connaître la véritable issue de cet affrontement titanesque.
Internet n’étant jamais à court de grands questionnements, un débat anime la Toile depuis quelques jours. Dans un combat, qui gagne entre cent humains et un gorille ? Venu des Etats-Unis (qui d’autre ?), ce problème existentiel divise désormais au sein du réseau X français. Pour certains, il est évident que l’animal met une drill aux humains et que ces derniers n’ont aucune chance. Pour d’autres, au contraire, l’écrasante supériorité numérique suffit à plier l’affaire en faveur de l’humanité.
Alors qui l’emporte vraiment dans ce combat ? « 20 Minutes » a demandé à deux spécialistes d’enfin trancher ce dilemme.
Le gorille, un adversaire sacrément costaud
Commençons par présenter l’adversaire du jour, le gorille à dos argenté. Sans doute l’un des bestiaux les plus puissants du monde animal. Marie Sutter, spécialisée dans les relations homme-animaux, fondatrice d’AnimHo, des Animaux et des Hommes et diplômée en éthologie et en anthropozoologie, détaille notre beau challenger : « Un gorille est entre quatre à neuf fois plus fort qu’un humain ! Il combine une énorme force brute et une vraie endurance. Un mâle adulte peut peser plus de 200 kg et atteindre 1,80 m debout. Il est aussi connu pour sa musculature hyperdéveloppée, surtout au niveau du dos, des épaules, des bras et des mains », bref tout ce qui est bon pour nous savater salement la tronche.
Autre menace : ses dents. Les canines d’un mâle peuvent atteindre six centimètres, mieux que chez les hyènes, et six fois plus longues que les nôtres. Sa mâchoire peut développer une force estimée à 1.300 PSI (pound per square inch), renseigne l’experte, soit bien plus que celle d’un lion (environ 650 PSI) ou d’un humain (environ 250 PSI). « Enfin, dernier gros atout du gorille : ses pointes de vitesse pouvant atteindre 40 à 50 km/h sur de courtes distances ! »
Alors, qui gagne ?
Vous l’aurez compris, en un contre un, « à moins de circonstances ultra-particulières – gorille malade, blessé, contraint… –, l’humain, même sportif et entraîné, ne peut que perdre ». Mais à cent contre un ? Même là, Marie Sutter met des gants : « L’effet de panique, la rapidité d’attaque du gorille, et sa capacité à neutraliser plusieurs personnes en quelques secondes rendraient l’affrontement extrêmement dangereux. Surtout si cela se passe dans son milieu de vie, où il est particulièrement efficace pour se dissimuler et attaquer vite… ».
Pour Denis Tribaudeau, expert survivaliste, l’issu est plus claire : victoire humaine, grâce au surnombre. « Un gorille est aussi puissant que 30 hommes. A 100, les hommes seront trois fois plus puissants qu’un seul gorille. » D’autant que si l’animal a certes le physique pour marbrer quelques gueules humaines un peu trop proches de ses poings, le mental ne suit pas forcément. « Par essence, le gorille n’est pas trop un combattant et l’agressivité est loin d’être dans son ADN. Si les hommes sont déterminés et agressifs, ils auront la victoire sans problème ».
La fuite, la meilleure option du gorille ?
Car rappelons-le, le gorille est végétarien, et ne chasse donc pas. D’ailleurs, à vrai dire, le scénario le plus probable serait une fuite du primate. Désolé pour les amateurs de combat à mort. Déjà, parce que dans la nature, « les animaux évitent au maximum les affrontements, dans un souci d’économie d’énergie et parce que l’issue est toujours incertaine », indique Marie Sutter. Denis Tribaudeau complète : « Tout animal prend la fuite face à l’homme, alors face à cent d’entre eux… »
Bon. Et à supposer que notre King Kong en herbe ne puisse s’enfuir et que l’affrontement soit inévitable ? Pour que l’humanité triomphe, Marie Sutter nous livre la meilleure stratégie à adopter : « Clairement, il faudrait éviter de l’aborder de manière frontale si l’on veut limiter les pertes humaines : peut-être serait-il plus judicieux de chercher à l’encercler et à l’épuiser. A main nue, il semble totalement inutile de tenter de l’immobiliser avant qu’il ne soit vraiment fatigué… L’idéal serait donc probablement de profiter d’un effet de masse, d’objets pouvant le maintenir à distance et d’un plan bien ficelé pour le neutraliser avec le moins de dégâts possibles du côté humain. En bref, l’humain devrait faire preuve de pas mal de réflexion et de coopération », et se préparer à compter de lourdes pertes dans ses rangs.
Issue donc incertaine, malgré un gros avantage pour les humains à en croire nos spécialistes. Avant que Marie Sutter ne conclue : « Une question subsiste : pourquoi donc vouloir combattre un gorille ? Toutes les espèces et sous-espèces de gorilles actuelles sont classées "en danger" ou "en danger critique"… » Oui, on aurait peut-être dû commencer par là.


















