Le contrôle gestuel de Leap Motion tient toutes ses promesses

HIGH-TECH Simplicité d'utilisation, absence de lag, la technologie impressionne...

Philippe Berry

— 

La technologie de Leap Motion permet de contrôler la machine avec des gestes sans clavier ni souris.
La technologie de Leap Motion permet de contrôler la machine avec des gestes sans clavier ni souris. — DR

De notre envoyé spécial à San Francisco

Dans un vaste open space du cœur historique de San Francisco, Leap Motion invente le futur de l'interaction homme-machine. Fin mai, cette startup quasi-inconnue avait dévoilé en vidéo The Leap, un gadget à peine plus gros qu'un iPod shuffle permettant, comme Kinect, de contrôler un ordinateur en agitant ses mains dans l'espace. Coup de bluff ou tour de force? Réponse sur place.Le plus remarquable en essayant Leap pour la première fois, c'est sa simplicité d'utilisation. Pas besoin de gants comme Tom Cruise dans Minority Report, ni de calibrage: on effectue directement des gestes naturels au-dessus des capteurs du périphérique, dans un cube d'espace d'environ 60 cm de côté. Plus impressionnant, la réactivité entre un mouvement et l'action à l'écran est totale, bien plus que que sur Kinect ou sur Wii.

«On fait croire à l'ordinateur qu'il dispose d'un écran tactile, et tous les gestes effectués sont interprétés en conséquence par la machine», explique le cofondateur et directeur technique, David Holz. D'infimes mouvements de l'index, on découpe des pommes et des pastèques dans le jeu Fruit Ninja avec une précision de sniper. En rapprochant deux doigts, on zoom sur le jardin des Tuileries dans Google Earth. Des gestes plus complexes à deux mains permettent de naviguer dans un océan de données en 3D.

70 dollars

Effectuer des mouvements dans l'air est vite fatiguant, arguent les défenseurs de la souris. Mais parce que les «yeux» du Leap voient très bien de près, on peut jouer les chefs d'orchestre, les poignets reposés sur le clavier.

Selon Holz, la technologie déployée est 200 fois plus précise que celle des systèmes actuels, jusqu'au 1/100 de millimètre. En guise de preuve, il déplace un crayon dans l'espace et écrit à l'écran sur un carré d'un centimètre de côté. Même les tendons de la main sont modélisés en 3D.

App store

S'il garde jalousement ses secrets, il affirme que la percée n'est pas au niveau du matériel mais dans les mathématiques utilisées «pour interpréter au maximum les données fournies par les capteurs». «On utilise des composants qui existent depuis longtemps», précise-t-il, jurant que The Leap devrait être disponible d'ici début 2013 pour seulement 70 dollars.

Médecine, robotique, jeu vidéo... Les domaines d'applications sont vastes. Holz et son compère Michael Buckwald, PDG de Leap Motion, ont donc décidé d'ouvrir leur projet aux développeurs du monde entier pour qu'ils conçoivent des applications exploitant la technologie.

«Quand j'étais au lycée, je voulais créer un système permettant de sculpter des objets virtuels de manière naturelle», explique Holz, qui a quitté un poste de consultant pour la Nasa et sa thèse en mécanique des fluides pour créer Leap Motion en 2010. «Je connaissais Michael depuis l'école primaire. Il venait de revendre sa 2e startup, c'était le bon moment.» Tout ça à seulement 23 ans.

Plateformes supportées

La démonstration était sous Windows 7 mais Mac OS est également supporté. Lors de la sortie du produit, il fonctionnera également avec Windows 8, et une version Linux est en cours de développement.