Jim Ryan: «Pour des titres premium, une console portable a encore sa place»

INTERVIEW Le patron de Sony Computer Entertainment Europe parle PS3, PS Vita, et smartphones...

Propos recueillis par Philippe Berry et Joël Métreau

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La PS Vita, la console portable de Sony, sortie le 22 février 2012.
La PS Vita, la console portable de Sony, sortie le 22 février 2012. —

Sur PS3, vous avez dévoilé une solution de livre interactif en réalité augmentée via le PS Move (la caméra filme une ardoise vide, et la console ajoute l'histoire et des effets à l'écran, ndr). N'est-ce pas une micro-niche?

Non. Le Wonderbook et le partenariat avec JK Rowling sur Book of Spells (l'un des deux titres de lancement, ndr) sont stratégiques pour élargir notre audience. Traditionnellement, les premiers joueurs qui adoptent notre console sont souvent des hardcore gamers, typiquement 18-25 ans, plutôt de sexe masculin. Ensuite, il faut diversifier les contenus pour séduire une base plus large et le Wonderbook est un moyen fantastique d'atteindre cet objectif.

Y aura-t-il d'autres partenariats?

Oui, nous discutons avec de nombreux partenaires. Il faut savoir que c'est JK Rowling qui a pris la décision, via sa société, qui avait déjà des rapports avec Sony, de rejoindre l'aventure quand elle a appris que nous travaillions sur un livre en réalité augmentée.

Du côté de la PS Vita, les ventes sont décevantes. Est-ce dû au prix, au manque de jeux ou à la concurrence des smartphones et des tablettes?

D'abord, je ne suis pas d'accord avec votre postulat. Nous avons vendus 1.8 millions de consoles, elle est sortie au Japon il y a six mois mais seulement en février aux Etats-Unis et en Europe. Nous mesurons en général des succès sur des périodes plus longues, de 5 à 10 ans. Nous avions un catalogue fantastique au lancement, et plus de 60 titres arrivent, dont Assassin's Creed, Call of Duty et Fifa.

Donc, pas de baisse de prix pour l'instant?

Non, nous n'avons rien à annoncer. Pour le prix actuel, nous offrons un produit de grande valeur.

Sony ne se tire-t-il pas une balle dans le pied en proposant des anciens jeux certifiés Playstation sur smartphone?

La PS Vita et les smartphones ne sont pas sur le même coeur de cible. Pour du casual gaming, un smartphone tactile suffit. Mais pour une des titres premium, une console portable a encore sa place. L'expérience n'est pas comparable.

La PS3 va fêter ses six ans. Est-il temps de passer à une nouvelle génération?

A cet E3, nous nous concentrons sur la PS3. Nous avons annoncé une gamme de jeux de grande qualité avec des exclusivités. Beyond: Two Souls, de Quantic Dreams, par exemple, ou encore The Last of Us (de Naughty Dog, dans la lignée d'Uncharted, ndr), ainsi que des titres plus grand public.

Il n'y a presque que des suites à cet E3. Est-il plus compliqué de prendre des risques en fin de génération de consoles?

Les coûts de développement des blockbusters ont atteint un tel niveau que le droit à l'erreur n'est pas permis. Et quand certaines franchises font des cartons, c'est assez logique pour un éditeur de continuer. La tendance est la même à Hollywood.

Certains shoot deviennent de plus en plus violent. Y a-t-il une surenchère?

Le réalisme des graphismes joue sur le ressenti. Mais à partir du moment où l'industrie met en place un système clair de catégories d'âge pour que les parents puissent choisir en connaissance de cause, les jeux violents ne sont pas choquants.

A l'autre extrême, Sony a permis a certains éditeurs indépendants de connaître de beaux succès. Est-ce important?

Tout à fait. Avec les budgets et les temps de développement qui augmentent, encourager des plus petites équipes de développeurs, capables de produire des jeux originaux et souvent assez vite, est vital pour la créativité de notre industrie.

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