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LulzSec: Sabu, informateur modèle du FBI

LulzSec: Sabu, informateur modèle du FBI

INTERNETDes documents de justice décrivent comment le hacker a collaboré «jour et nuit» avec les autorités pour faire tomber le reste des cadres de LulzSec...
Philippe Berry

Philippe Berry

On savait déjà qu'Hector Xavier Monsegur n'avait pas mis longtemps avant d'accepter de collaborer avec le FBI après son arrestation le 7 juin. Selon des documents rendus publics par la cour du district sud de Manhattan, il a retourné sa veste le jour-même. «Depuis le jour de son arrestation, il a coopéré activement avec le gouvernement», précise le procureur adjoint, James Pastore.

«L'accusé a littéralement travaillé jour et nuit avec des agents fédéraux. Il restait parfois toute la nuit en ligne, engageant des conversation avec ses co-conspirateurs pour aider le gouvernement à monter un dossier» contre eux.

Désinformation

Monsegur a immédiatement été libéré contre le versement d'une caution de 50.000 dollars. Grâce à un ordinateur portable modifié et à la présence d'agents, le FBI pouvait surveiller son activité 24h/24.

«Sabu» (son nom de hacker) a continué de rassembler des informations sur des failles de sécurité dénichées par ses cinq collaborateurs. Sauf qu'il les communiquait immédiatement aux autorités, qui auraient ainsi empêché plus de 150 attaques.

Si des rumeurs de son passage à l'ennemi ont circulé, il a semble-t-il réussi à les dissiper. Il continuait notamment de tweeter, comme le cinq mars, 48h avant le coup de filet: «Le gouvernement fédéral est dirigé par une bande de putains de lâches. Ne lâchez rien. Continuez le combat.»

Les détails de son deal inconnus

Monsegur survivait dans un HLM new-yorkais avec ses deux nièces (dont il était le tuteur légal) grâce à 400 dollars mensuels d'assédics. Il a plaidé coupable de douze chefs d'accusation, dont «piratage informatique», «usurpation d'identité» et «fraude bancaire». Sur le papier, il risque 124 ans de prison.

On ne connaît toutefois pas les détails de l'accord qu'il a passé avec le FBI. «La peine maximum encourue ne veut pas dire grand chose. En général, la cour place l'accusé dans une fourchette, compte tenu de ses condamnations précédentes. Puis, collaborer avec les autorités peut vous faire changer de catégorie. Et il ne s'agit que de suggestion laissée à l'appréciation du juge», explique à 20 Minutes l'avocat et ancien procureur californien Michael Cardoza.

Selon lui, dans un tel cas de figure, l'accusé «espère être rapidement libéré, avec une mise à l'épreuve, puis être embauché par une entreprise de sécurité informatique». Passer du côté des chevaliers jedi, en somme.