Le «navire du futur», cauchemar des pirates?

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Face aux dangers pour les équipages et aux fortunes dépensées en rançons pour faire libérer les bateaux piratés au large de la Somalie, des experts et industriels français élaborent un "navire du futur" truffé de pièges et de défenses non-létales pour repousser les assaillants.
Face aux dangers pour les équipages et aux fortunes dépensées en rançons pour faire libérer les bateaux piratés au large de la Somalie, des experts et industriels français élaborent un "navire du futur" truffé de pièges et de défenses non-létales pour repousser les assaillants. — Roberto Schmidt afp.com

Face aux dangers pour les équipages et aux fortunes dépensées en rançons pour faire libérer les bateaux piratés au large de la Somalie, des experts et industriels français élaborent un «navire du futur» truffé de pièges et de défenses non-létales pour repousser les assaillants.

Les grandes lignes de ce projet «d'autoprotection des navires» ont été présentées jeudi et vendredi à Nantes aux 400 participants du forum Maritime Risk (MARISK) sur la prévention des risques maritimes et portuaires. Piloté par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) ce projet de «navire du futur», doté d'un budget de 12 millions d'euros pour la partie «sûreté», vise à installer sur un navire existant, le VN Partisan actuellement utilisé pour l'entraînement des soldats et gendarmes français, des mécanismes de défense destinés à repousser, sans leur tirer dessus, des pirates montant à l'assaut de bâtiments civils à bord de hors-bord.

«Rendre le bateau très hostile»

Actuellement, en dehors des gardes armés postés sur les navires battant certains pavillons, les seules défenses parfois mises en oeuvre sont des canons à eau que certains équipages utilisent contre les agresseurs, en prenant le risque d'être pris pour cible.

«Le but de ces équipements est de rendre le bateau difficile à aborder et, s'il l'est, de le rendre très hostile, inaccueillant pour les pirates qui n'auraient alors qu'une envie c'est d'en repartir» explique à l'AFP Eric Prang, de la société Sagem, l'un des industriels qui font partie de ce consortium.

Une «citadelle» équipée de commandes et de caméras

Cela commence par des systèmes de radars et de caméras infrarouge afin de détecter le plus tôt possible le danger, de donner l'alerte et d'espérer être secouru par un navire de guerre. Puis, s'ils approchent, les pirates sur leurs petits esquifs seront pris pour cible par des canons acoustiques qui projettent vers eux des bruits assourdissants. Ils pourront aussi être visés par des canons lumineux pour les éblouir. S'ils ne sont pas encore dissuadés, de puissants canon à eau entièrement automatisés seront mis en batterie, pendant que l'équipage ira se réfugier dans une «citadelle», chambre forte cachée dans le bateau. De là, grâce à des commandes et des caméras, il pourra savoir ce que font les assaillants et continuer à piloter le navire.

Si malgré cela des pirates parviennent à grimper à bord ils seront accueillis par des gaz lacrymogènes. Les couloirs pourront être plongés dans le noir, d'épais fumigènes répandus pour les perdre et les désorienter. Tous ces mécanismes de défense vont être installés en 2012 sur le VN Partisan, testés, qualifiés, pour une commercialisation espérée à partir de 2014.