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Mise en cause par WikiLeaks, la société française Amesys répond… en interne

Mise en cause par WikiLeaks, la société française Amesys répond… en interne

WIKILEAKSSon communiqué interne est dévoilé par le site Reflets.info, qui s'emploie à le «corriger»...
Nicolas Bégasse

Nicolas Bégasse

La nouvelle opération de WikiLeaks, baptisée Spy Files, confirme et étoffe les forts soupçons qui pesaient déjà à la fin de l’été sur la société française Amesys et ses systèmes de surveillance téléphonique et d’Internet vendus au régime de Mouammar Kadhafi.

Dans un document de communication interne que s’est procuré le site spécialisé Reflets.info, la société, filiale de Bull, qui n’était pas en mesure vendredi soir de répondre aux questions de 20 Minutes, essaie de clarifier la situation auprès de ses employés.

Explications d’Amesys à venir dans les médias

«Les médias s’emparent à nouveau du sujet libyen et suggèrent qu’Amesys aurait fourni des listes d’opposants au régime en place à l’époque. Ils se basent sur des copies d’écrans du système Eagle vendu en 2007», écrit ce communiqué interne, ce à quoi répond Reflets.info en rappelant qu’il «n’a pas fallu attendre la publication de ce document pour le savoir. La journaliste du Wall Street Journal qui a découvert le QG d’Amesys à Tripoli a pu consulter des centaines de dossiers concernant les personnes sous surveillance.»

Le site s’emploie dans un long article à préciser et corriger le cas échéant d’autres extraits du message d’Amesys. «L’intervention d’Amesys portait sur la fourniture du logiciel et en aucun cas sur le contenu», dit la société. «Il portait aussi sur la formation des utilisateurs. Quel était exactement le contenu de cette formation et à quoi servent vos outils? Réfléchissez…», ironise Reflets.info. «Amesys a (…) livré aux autorités libyennes un matériel sur lequel elle n’a exercé aucun contrôle quant à l’utilisation qui a pu en être faite», précise encore la société. «Un marchand d’arme n’aurait pas dit mieux», estime le site.

La filiale de Bull prévient: «Amesys expliquera la réalité de ce contrat sur différents médias».

Le cas libyen a servi de jurisprudence: le Conseil des ministres de l’Union européenne a décidé, parmi ses mesures sanctionnant la Syrie, d’interdire toute exportation vers ce pays de tout équipement ou logiciels permettant de contrôler et surveiller les communications par téléphone et Internet.